samedi 10 novembre 2012

Loopernator.





Avec Looper, son nouveau long-métrage en date, Rian Johnson réussit à mélanger les genres, mêlant avec une habilité déconcertante la science-fiction au polar, le film d’action au fantastique. Comme pour le film noir dans son magnifique Brick, le réalisateur américain se réapproprie alors les codes de chacun de ces genres, apportant une nouvelle vision : la sienne. Ainsi, malgré des influences marquées (James Cameron, Philip K. Dick, X-Men, La Jetée), la trame de Looper arrive constamment à déstabiliser le spectateur, passant d’une idée à une autre, d’un genre à un autre sans que la qualité du film en pâtisse. A chaque instant sur le fil, le film de Johnson réussit toujours à éviter les écueils et les poncifs de cet exercice plus difficile qu’il n’y parait : dans Looper, citer à tout bout de champ n’est donc pas une fin en soit, et ne sert jamais à caresser le geek dans le sens du poil. Film hybride, Looper est une véritable réflexion sur le temps représenté par deux facettes d’un même personnage. A travers cette confrontation de deux tranches de vie bien distinctes, le temps au fil des minutes se dématérialise complètement. Ainsi, passé, présent et futur ne font plus: seul le chaos persiste. Véritable course contre la montre, le film de Johnson fourmille d’idées de mise en scène parfois fascinantes, parfois exceptionnelles : la mort du personnage interprété par Paul Dano, les ralentis majestueux utilisés à bon escient ou la montre que garde constamment le personnage principal avec lui rappelant à chaque fois ce combat inévitable à la fois contre le temps et la mort que propose Rian Johnson aux spectateurs. Et si Rian Johnson était un futur grand d'Hollywood? Et si c’était ça le vrai cinéma postmoderne ?

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