lundi 10 septembre 2012

No Country for Young Men.




Six ans après Bug, Friedkin revient sur le devant de la scène avec son terrifiant et grandiose Killer Joe. Pouvant par instants rappeler le Blood Simple des frères Coen, son nouveau long-métrage propose une vision glauque et poisseuse de la société américaine, et en particulier des bas-fonds du Texas. A la fois sans concession et ambigu, Killer Joe traite de double identité, de la perte de l’innocence, de la destruction totale des valeurs familiales et des relations humaines. Comme chez les Coen, le Texas est ici décrite comme une terre ne pouvant engendrer que violence, haine et destruction ; une terre où l’on s’enracine, une terre que l’on ne peut quitter. Pour le réalisateur américain, naitre dans cet état est donc une malédiction, et la seule issue possible n’est autre que la mort : il suffit de voir les dernière minutes grand guignols et extrêmement violentes du film pour s’en convaincre. Par sa folie et sa démence, cette véritable descente aux enfers qu’est ce Killer Joe pourra rappeler à certains spectateurs le grandiose Bug, précédente réalisation du maitre qui prouve une nouvelle fois qu’il fait toujours parti des grands réalisateurs américains. De par son interprétation magistrale, ses dialogues succulents et son humour noir, le nouveau long-métrage de William Friedkin est à la fois jouissif, dérangeant et effrayant. Une perle.

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