Six
ans après Bug, Friedkin revient sur
le devant de la scène avec son terrifiant et grandiose Killer Joe. Pouvant par instants rappeler le Blood Simple des frères Coen, son nouveau long-métrage propose une
vision glauque et poisseuse de la société américaine, et en particulier des
bas-fonds du Texas. A la fois sans concession et ambigu, Killer Joe traite de double identité, de la perte de l’innocence, de
la destruction totale des valeurs familiales et des relations humaines. Comme
chez les Coen, le Texas est ici décrite comme une terre ne pouvant engendrer
que violence, haine et destruction ; une terre où l’on s’enracine, une
terre que l’on ne peut quitter. Pour le réalisateur américain, naitre dans cet
état est donc une malédiction, et la seule issue possible n’est autre que la
mort : il suffit de voir les dernière minutes grand guignols et extrêmement
violentes du film pour s’en convaincre. Par sa folie et sa démence, cette
véritable descente aux enfers qu’est ce Killer
Joe pourra rappeler à certains spectateurs le grandiose Bug, précédente
réalisation du maitre qui prouve une nouvelle fois qu’il fait toujours
parti des grands réalisateurs américains. De par son interprétation magistrale,
ses dialogues succulents et son humour noir, le nouveau long-métrage de William
Friedkin est à la fois jouissif, dérangeant et effrayant. Une perle.

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