Polisse.
Alors c’est donc ça la folie Cannes 2011. Polisse.
C’est donc ça le Prix du Jury 2011 : une Maïwenn qui traverse son film telle
une entité non identifiable, tel un fantôme. Dans son nouveau film,
l’actrice/réalisatrice interprète une photographe bobo parisienne sur les
bords. Pour elle, le spectateur le devine, être photographe signifie prendre
des photos de petites gens, enfin, de vrais gens, qu’ils soient flics ou autre,
qu’ils soient roms, black, blancs ou beurs. Et comme chez la Maïwenn
réalisatrice, la photographe ne juge alors que par le rapport au réel. Oui,
bon, pourquoi pas, mais non, non, non, ça ne passe pas. Dans les deux cas, le
projet échoue. Fantôme devant la caméra, la réalisatrice française l’est aussi
derrière. Voulant jouer avec la frontière entre la fiction et le réel (le
documentaire), le long-métrage ne convainc jamais. En essayant de raconter le
quotidien d’une équipe de la brigade de protection des mineurs, Maïwenn perd le
fil de son film, et avec lui, le spectateur. Entre film choral et film à
sketch, Polisse ne propose jamais de
vrais enjeux aux spectateurs, passant d’un moment à un autre sans vrai fil
rouge, sans réelle ampleur. Ainsi, avec un comique la plupart du temps
involontaire, Polisse ne présente
seulement que des tranches de vie (inutiles) sans ne jamais rien exploiter,
sans ne jamais s’attarder sur ses personnages. Le Prix du Jury 2011 raconte
donc un peu tout et pas grand-chose et finit par ennuyer le spectateur. Un gâchis,
un vrai.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire