mardi 18 septembre 2012

Nike la Polisse.





Polisse. Alors c’est donc ça la folie Cannes 2011. Polisse. C’est donc ça le Prix du Jury 2011 : une Maïwenn qui traverse son film telle une entité non identifiable, tel un fantôme. Dans son nouveau film, l’actrice/réalisatrice interprète une photographe bobo parisienne sur les bords. Pour elle, le spectateur le devine, être photographe signifie prendre des photos de petites gens, enfin, de vrais gens, qu’ils soient flics ou autre, qu’ils soient roms, black, blancs ou beurs. Et comme chez la Maïwenn réalisatrice, la photographe ne juge alors que par le rapport au réel. Oui, bon, pourquoi pas, mais non, non, non, ça ne passe pas. Dans les deux cas, le projet échoue. Fantôme devant la caméra, la réalisatrice française l’est aussi derrière. Voulant jouer avec la frontière entre la fiction et le réel (le documentaire), le long-métrage ne convainc jamais. En essayant de raconter le quotidien d’une équipe de la brigade de protection des mineurs, Maïwenn perd le fil de son film, et avec lui, le spectateur. Entre film choral et film à sketch, Polisse ne propose jamais de vrais enjeux aux spectateurs, passant d’un moment à un autre sans vrai fil rouge, sans réelle ampleur. Ainsi, avec un comique la plupart du temps involontaire, Polisse ne présente seulement que des tranches de vie (inutiles) sans ne jamais rien exploiter, sans ne jamais s’attarder sur ses personnages. Le Prix du Jury 2011 raconte donc un peu tout et pas grand-chose et finit par ennuyer le spectateur. Un gâchis, un vrai.

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