Avec
son nouveau film, Lawless, le
réalisateur australien John Hillcoat s’attaque à une période importante de l’histoire
des Etats-Unis : la prohibition. A travers l’histoire des frères
Bondurant, trafiquants notoires, Hillcoat raconte (de nouveau) l’histoire de la
fin d’un monde, de la fin d’une ère. Pendant un peu plus de deux heures de métrage,
le spectateur se voit alors raconter la confrontation (et l’incompréhension)
sanglante entre deux mondes : celui des « péquenauds » américains
et celui des « citadins » (la « civilisation ») composé de
policiers venus tous droits de la ville, de l’autre. De plus, il est aussi
question dans Lawless de la création
des légendes entourant les personnages du film imaginé par Hillcoat et son
scénariste Nick Cave. En effet, ces derniers réussissent avec brio à jouer avec
la frontière (floue) séparant les faits bruts, la réalité et les légendes qui
en découlent. Chez Hillcoat, les personnages, leur quotidien et leurs idéaux se
transforment petit à petit en véritables mythes et symboles. Dans le long-métrage
du réalisateur australien, les frères Bondurant et leurs adversaires dépassent ainsi
leur statut de simple humain et deviennent donc au fil des minutes des « surhommes »,
voire même des archétypes : les personnages de Tom Hardy ou de Guy Pearce
en sont les exemples les plus frappants. Parfois sans retenue et à l'esthétique somptueuse et irréprochable, Lawless raconte de manière directe et
frontale un certain folklore américain, un folklore régit seulement par la
violence folle, les fusillades, la barbarie et les effusions continuelles de
sang. Tout comme The Grey ou ACAB, Lawless appartient à ce groupe (très fermé) de films qui, en 2012,
auront réussi à tenir le spectateur en haleine du début à la fin. Une pépite, une
vraie.
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