lundi 1 octobre 2012

Sans Foi ni Loi.





Avec son nouveau film, Lawless, le réalisateur australien John Hillcoat s’attaque à une période importante de l’histoire des Etats-Unis : la prohibition. A travers l’histoire des frères Bondurant, trafiquants notoires, Hillcoat raconte (de nouveau) l’histoire de la fin d’un monde, de la fin d’une ère. Pendant un peu plus de deux heures de métrage, le spectateur se voit alors raconter la confrontation (et l’incompréhension) sanglante entre deux mondes : celui des « péquenauds » américains et celui des « citadins » (la « civilisation ») composé de policiers venus tous droits de la ville, de l’autre. De plus, il est aussi question dans Lawless de la création des légendes entourant les personnages du film imaginé par Hillcoat et son scénariste Nick Cave. En effet, ces derniers réussissent avec brio à jouer avec la frontière (floue) séparant les faits bruts, la réalité et les légendes qui en découlent. Chez Hillcoat, les personnages, leur quotidien et leurs idéaux se transforment petit à petit en véritables mythes et symboles. Dans le long-métrage du réalisateur australien, les frères Bondurant et leurs adversaires dépassent ainsi leur statut de simple humain et deviennent donc au fil des minutes des « surhommes », voire même des archétypes : les personnages de Tom Hardy ou de Guy Pearce en sont les exemples les plus frappants. Parfois sans retenue et à l'esthétique somptueuse et irréprochable, Lawless raconte de manière directe et frontale un certain folklore américain, un folklore régit seulement par la violence folle, les fusillades, la barbarie et les effusions continuelles de sang. Tout comme The Grey ou ACAB, Lawless appartient à ce groupe (très fermé) de films qui, en 2012, auront réussi à tenir le spectateur en haleine du début à la fin. Une pépite, une vraie.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire