La
porte se referme derrière moi. Seul dans ce couloir que je trouve trop long, je
cherche la sortie. Droite. Gauche. Gauche. Droite. Un peu perdu, un peu paumé,
mais surtout exténué. Une année intensive et puis plus rien. C’est donc ça
l’hypothétique fin de mon parcours. Trente, quarante secondes qui s’écoulent,
je tiens mon sac à bandoulière, figé avant de descendre les marches. Je pense
aux premières minutes de The Social
Network et à Jesse Eisenberg traversant seul le campus d’Harvard. Hand Covers Bruise trotte dans ma tête.
Bien sûr, il fallait s’y attendre. Un pas. Puis un autre. Je pense aux
rencontres aixoises et d’ailleurs, à ma ville du nord de l’Angleterre et aux
Spokanites. Aux rencontres qui m’ont marqué et qui m’ont emmené là où je suis
maintenant. Berre. Le Thoronet. Vitrolles. Aix. Liverpool. Spokane. Nantes Le
temps défile, je m’éloigne petit à petit des salles d’examination et la réunion
qui ouvrit ces trois jours de stress me revient en tête. 1002 candidats, qui,
comme moi se sont penchés sur Jefferson et qui ont réussi. 1002. Pourquoi
serai-je accepté et pas eux ? Je me rappelle de cet instant de panique et
de ce désir de rester seul. Souffler. Souffler. Souffler. Souffler. Jefferson.
Jefferson. Jefferson. Jefferson. Jefferson. En tête me sont revenus Auster et
ses idées concernant la solitude. Etre seul, assis sur sa chaise face à sa
feuille, avec son stylo et ses pensées
comme uniques compagnons. Avoir peur de la feuille blanche et confronter le
jury, seul. Penser à Ana, Here, There and
Everywhere. Se calmer.
En quittant
l’établissement je me remémore la première épreuve et cet interminable et
irréel chemin menant au jury. Entre rêve et cauchemar, le temps et l’espace se
dilatent et n’obéissent à aucunes lois. DeLillo aurait sûrement eu les mots
justes pour décrire cet instant unique. « Bonjour, monsieur Bruna, »,
et c’était à moi de jouer. J’étais Néo ou le Peter Parker de Sam Raimi. J’étais
face à mes chemins. La pilule rouge ou la pilule bleue. Quel route prendre et
où m’emmènera-t-elle ? En y repensant, le Capes ne fut pas qu’un simple
concours, mais une expérience de plus, une expérience de chaque instant, de
chaque seconde. Clear Eyes, Full Hearts...
Keep going dude.
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