mardi 3 juillet 2012

The Same Old Song.



Sous fond de rivalités et de conflits entre demi-frères, Jeff Nichols dépeint à travers Shotgun Stories l’Amérique des laissés pour compte. Ainsi, telle une malédiction, ses personnages semblent destinés à ne jamais quitter ces vies de misère qui sont les leurs, semblant vouloir rester à tout jamais dans cette petite ville de l’Arkansas, ne faisant rien de leur vie, excepté tuer le temps qui leur est imparti avant la fin de leur existence. Mais avec son premier long-métrage, Nichols ne réalise pas qu’une simple peinture d’une ville de l’Arkansas mais tente de narrer l’histoire matricielle des Etats-Unis, une histoire qui se répète et qui évolue au fil des âges, des siècles, mais qui, au fond, reste la même. De ce fait, l’Amérique de Shotgun Stories n’est autre que celle de la destruction, ne connaissant que la violence et le sang et se nourrissant des massacres produits par son propre passé pour avancer. Mais entre les coups et les balles, le spectateur ne peut faire fi de la nature entourant les personnages de Nichols. En effet, comme chez McCarthy, cette prairie si silencieuse en apparence mais qui peut se révéler des plus sauvages semble attendre son heure avant d’entrainer les protagonistes dans un néant cosmique, avant que Nichols (malheureusement ou non) n'en décide autrement. Et même si tout n’est pas parfait, que Shotgun Stories souffre par instant d’un réel problème d’écriture et n’atteint pas la force et la perfection des œuvres d’un Malick ou d’un Melville, ce premier film reste une œuvre à voir, ne serait-ce pour les thèmes obsessionnels de Jeff Nichols que le spectateur pourra retrouver dans Take Shelter, second film du réalisateur yankee.

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