mercredi 20 juin 2012

Le Grand Incendie.



Le Grand Soir, nouveau long de Kervern et Delépine est une histoire de vieux anars, de punks à chien, entre poésie et désordre social. Dans cette zone commerciale où se déroule la plupart de l’intrigue, le temps se dilate, s’interrompt. En réalité, comme nous l’expliquent les deux réalisateurs avec ces plans fixes, il n’a plus lieu d’être et nos vies se sont donc figées. Dans Le Grand Soir, seuls règnent les gens aux normes et leur semblant de normalité. Le spectateur le comprend bien : ici, l’ordre est donc de mise, un ordre fragile, pouvant s’autodétruire à tout moment. Le chaos n’est pas loin, attendant son heure. Ce monde décrit à travers la zone commerciale, c’est le nôtre : entre zombification, mort de l’humain et perte de toutes communications, les gens tournant autour des personnages de Dupontel et Poelvoorde naviguent dans le même espace, un espace proche du néant. Entre humour et mélancolie, Kervern et Delépine nous raconte l’histoire d’un grand incendie, de la fin d’un monde et de la chute libre d’une France, d’un homme et de ses idéaux, de ses croyances et de ses propriétés. Dans Le Grand Soir, il vaut mieux marcher tout droit, sans jamais penser réfléchir et s’arrêter avant que la mort ne nous rattrape.

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