L’Amérique
va mal, très mal : c’est ce que tente de nous expliquer Andrew Dominik
dans son dernier long-métrage, Killing
Them Softly. Entre film de gangster et réflexion sociale, le film du
réalisateur néo-zélandais tente de proposer un point de vue personnel sur la
situation des Etats-Unis années Obama. Malheureusement, les moyens utilisés par
Dominik desservent complètement son message : entre les nombreux et
incessants discours d’Obama ou Bush envahissant la trame narrative et
alourdissant l’ensemble, Killing Them
Softly ne convainc jamais et réussit même à achever le spectateur par
l’intermédiaire du monologue final et excessif de Cogan. Jamais pertinent dans
son discours et totalement lourdingue dans sa manière de démontrer les choses,
le nouveau film d’Andrew Dominik lorgne constamment vers le cinéma des frères
Coen en tentant de discourir sur l’Amérique. Mais contrairement aux
grands Joel et Ethan, Dominik ne réussit jamais à convaincre avec ses effets
roublards, et la violence exacerbée un brin jouissive tout comme la beauté
plastique de certains passages ne réussissent jamais à cacher la pauvreté du
scénario. Ainsi, Killing Them Soflty
échoue lamentablement en tentant de se muer en une vision médiocre des
Etats-Unis des années 2000. On lui préfèrera plutôt le bancal mais dynamisant God Bless America sorti récemment dans
les salles.

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