On
le sait depuis The Dark Knight et les
nombreuses questions éthiques qui parcouraient le récit, la trilogie Batman de
Nolan est un scanner de notre monde, et The
Dark Knight Rises, dernier volet de cette entreprise pharaonique débutée
sept ans auparavant ne déroge pas à la règle. Tout au long de ses 2h45 de
métrage, le nouveau Nolan se veut un écho de notre monde, mais avant tout de
l’Amérique de maintenant. A travers les différentes intrigues que comporte le
long-métrage, il est donc question de la constitution américaine, des droits
fondamentaux du peuple, du Patriot Act mais aussi du crash boursier. Tandis que
l’ennemi provenait de Gotham-même lors du volet précédent, les citoyens de
cette ville doivent maintenant faire face à Bane, figure terroriste du film, prônant
une idéologie rappelant les révolutions française ou américaine. Le spectateur
le comprend bien : avec Christopher Nolan, The Dark Knight Rises se transforme en miroir de notre monde,
véritable fable contemporaine, et entre terreur et destruction massive, le
peuple de Gotham (et par extension Batman) se retrouve dans un No Man’s Land,
une ville détruite de l’intérieur par un véritable cancer prénommé la ligue des
ombre, une ville abandonnée n’ayant plus aucun lien avec l’extérieur. Ainsi,
par l’intermédiaire de la destruction de Gotham, Nolan peint en filigrane la
fin hypothétique d’une certaine Amérique et de ses idéaux, mais aussi de son
renouveau possible. The Dark Knight Rises
est aussi une histoire qui tourne autour de la mort, de la survie, mais aussi d’une
possible résurrection, d’une hypothétique renaissance nouvelle. Au fil des images,
des minutes, c’est donc Batman, Bruce qui se relève, qui revient de l’enfer,
des ténèbres. Batman, Bruce qui réchappe encore et toujours à la mort, le héros
qui s’élève encore et toujours, tout comme Gotham qui renait de ses cendres. The Dark Knight Rises, tout comme le
reste de la trilogie, est donc une histoire de symboles où Gotham et Batman ne
font plus qu’un.
Mieux écrit et ne souffrant jamais de problèmes de
rythme comme le précédent volet, le film va droit au but et sans fioritures.
Entre vision pessimiste et nihiliste du monde actuel, Nolan boucle la boucle de
manière efficace, donnant un point de vue cohérent et intéressant de l’univers
du Cape Crusader. Et lors des cinq dernières minutes du
métrage remplies de vie et d’espoir, Nolan joue cartes sur table et réussit à
marquer de son empreinte la mythologie du Dark Knight, quitte à s’annihiler une
partie des fanboys. Le temps se déconstruit petit à petit, le capharnaüm des
luttes de Gotham laisse sa place à la construction d’une légende, de son
héritage à travers les âges, comme le souhaitait le Bruce Wayne de la trilogie.
Les hommes meurent mais les mythes survivent. Et tout d’un coup, sans crier
garde, un romantisme qui était palpable tout au long du film et que l’on
semblait perdu à tout jamais refait surface. A travers les images jaillit alors
l’espoir de jours meilleurs, pour Bruce, Selyna, Blake mais surtout pour Gotham.
Dantesque et époustouflant.



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