lundi 28 mai 2012

La Môme Sans Jambes.



Même les plus grands peuvent parfois échouer. C’est le cas d’Audiard avec son nouveau long-métrage, De Rouille et d’Os. En tentant de capter l’instant, les mouvements (le chaos qui peut en découler) et la véracité, Audiard perd petit à petit le fil de son histoire, et le spectateur avec. Dans un montage déstructuré et inefficace, Audiard utilise les gros plans jusqu’à l’écœurement, tentant de filmer chaque parcelle des corps se présentant à l’écran et de capter de la plus authentique des manières l’environnement de ses personnages en pleine crise ; mais il échoue, ne convaincant jamais le spectateur. Il manque donc quelque chose à ce Rouille et d’Os pour ressembler aux autres films du metteur en scène français. Et étonnement, cette absence de grandeur pourrait se trouver dans l’écriture. Habituellement soignée, contrôlée et léchée chez Audiard, elle ne convainc jamais. Avec De Rouille et d’Os, le réalisateur français nous entraine dans différentes pistes narratives qui auraient pu sortir le film de ses rails trop balisés, mais ne les exploite jamais (contrairement à son Prophète, véritable film de genre doté d’une grande résonnance sociale). Ainsi, entre le polar, le film social ou la romance, Audiard ne choisit jamais son camp, ne développant jamais aucune des trames qu’il propose aux spectateurs, et laissant un goût d’inachevé et d’inexploité dans la bouche de ces derniers. Le problème du nouveau Audiard réside donc principalement dans ce qui faisait la force de ses films précédents : son scénario (insignifiant) et son système de mise en scène malheureusement vain ; et malgré des fulgurances certaines et intéressantes (les combats illégaux, son final parasité par un happy ending des plus décevants) De Rouille et d’Os est de loin le film le plus faible et le moins intéressant de Jacques Audiard. Une belle déception.

2 commentaires:

  1. J'ai surtout ressenti une impression de faux (genre Marion Cotillard avec des chaussettes vertes pour faire comme si elle n'avait pas jambes, son poids parait bizarre, trop équilibré...) et de prévisibilité atroce (la séquence sur la glace...) avec entre tout cela de l'ennui et aucune sensation particulière... Ali est un idiot, elle s'habitue à ses prothèses HOP, yeah je gère je m'occupe des combats illégaux... J'ai eu envie de soupirer tout le temps en fait :(

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  2. la bande annonce me semblait pas mal....mais marie cotillard ne m'a pas donné envie d'aller le voir...et ta critique non plus! Je m'en remets à ton jugement et je pense que je ne dois pas rater grand chose! : )

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