Fermez
les yeux et imaginez ce qui suit : un hommage à Poe et Hawthorne gravé sur
pellicule, l’ensemble mijoté par le Coppola de Tetro ou de Youth Without
Youth, le Coppola « nouvelle génération ». Cela laissait rêveur.
Sur le papier, Twixt était une des
plus belles et excitantes idées de ces dernières années ; mais sur grand
écran, cette idée ingénieuse s’est littéralement transformée en cauchemar, un
cauchemar aux allures de plus grande déception de l’année 2012. Par sa
désastreuse mise en abime expiatoire sur fond de fin du monde, Twixt désarçonne et perd le spectateur. Avec son faux côté expérimental et vain, Coppola semble avoir oublié
tout type de narration, proposant aux spectateurs une intrigue des plus
incompréhensibles, des plus inintéressantes. Le récit de son film ne
semble donc pas le captiver ; dans Twixt,
ce qui compte le plus pour le réalisateur américain réside dans ce discours
maladroit qu’il propose sur l’art d’écrire, de raconter des histoires et de
parler de soi, de ses échecs ou de ses drames. Le spectateur le comprend :
à travers le personnage de Val Kilmer, Coppola se raconte, et l’accident ayant
coûté la vie à la fille de son personnage principal fait alors écho à la mort
de son fils, décédé dans les mêmes circonstances. Malheureusement, Twixt se veut avant tout un film
introspectif avant d’être un réel hommage aux univers de Poe et Hawthorne,
n’utilisant ces derniers qu’à coup de références extrêmement appuyées et
laborieuses, desservant totalement le récit. De ce naufrage complet, seul les
séquences de rêve arrivent à fasciner le spectateur en dévoilant une facette du
long-métrage trop peu exploitée. En effet, lorsque le personnage de Kilmer
tombe dans les bras de Morphée, le film arrive à surprendre le spectateur, devenant
par instant à la fois poétique et mélancolique, tout ça grâce au travail
exemplaire de Mihai Malaimare. Les rêves de
Twixt attirent, suspendent le temps, une vie et pouvent faire prisonniers
ceux qui s’y aventurent. Lorsque la nuit vient, le spectateur ne rêve que d’une
seule chose : que Coppola s’y attarde, s’y perde même, pour le reste du
métrage ; mais c’est trop demandé au maitre qui préfère se perdre dans les
méandres de son analyse. Nevermore Francis Ford, Nevermore.

Ah c'est marrant, j'ai personnellement trouvé les passages de rêves vraiment moches :/
RépondreSupprimerMais j'ai bien aimé le personnage, sous-Stephen King, son histoire. Dommage que ça ne fonctionne pas quoi, on dirait une blague en fait.