mardi 17 avril 2012

Nevermore.



Fermez les yeux et imaginez ce qui suit : un hommage à Poe et Hawthorne gravé sur pellicule, l’ensemble mijoté par le Coppola de Tetro ou de Youth Without Youth, le Coppola « nouvelle génération ». Cela laissait rêveur. Sur le papier, Twixt était une des plus belles et excitantes idées de ces dernières années ; mais sur grand écran, cette idée ingénieuse s’est littéralement transformée en cauchemar, un cauchemar aux allures de plus grande déception de l’année 2012. Par sa désastreuse mise en abime expiatoire sur fond de fin du monde, Twixt désarçonne et perd le spectateur. Avec son faux côté expérimental et vain, Coppola semble avoir oublié tout type de narration, proposant aux spectateurs une intrigue des plus incompréhensibles, des plus inintéressantes. Le récit de son film ne semble donc pas le captiver ; dans Twixt, ce qui compte le plus pour le réalisateur américain réside dans ce discours maladroit qu’il propose sur l’art d’écrire, de raconter des histoires et de parler de soi, de ses échecs ou de ses drames. Le spectateur le comprend : à travers le personnage de Val Kilmer, Coppola se raconte, et l’accident ayant coûté la vie à la fille de son personnage principal fait alors écho à la mort de son fils, décédé dans les mêmes circonstances. Malheureusement, Twixt se veut avant tout un film introspectif avant d’être un réel hommage aux univers de Poe et Hawthorne, n’utilisant ces derniers qu’à coup de références extrêmement appuyées et laborieuses, desservant totalement le récit. De ce naufrage complet, seul les séquences de rêve arrivent à fasciner le spectateur en dévoilant une facette du long-métrage trop peu exploitée. En effet, lorsque le personnage de Kilmer tombe dans les bras de Morphée, le film arrive à surprendre le spectateur, devenant par instant à la fois poétique et mélancolique, tout ça grâce au travail exemplaire de Mihai Malaimare. Les rêves de Twixt attirent, suspendent le temps, une vie et pouvent faire prisonniers ceux qui s’y aventurent. Lorsque la nuit vient, le spectateur ne rêve que d’une seule chose : que Coppola s’y attarde, s’y perde même, pour le reste du métrage ; mais c’est trop demandé au maitre qui préfère se perdre dans les méandres de son analyse. Nevermore Francis Ford, Nevermore.

1 commentaire:

  1. Ah c'est marrant, j'ai personnellement trouvé les passages de rêves vraiment moches :/
    Mais j'ai bien aimé le personnage, sous-Stephen King, son histoire. Dommage que ça ne fonctionne pas quoi, on dirait une blague en fait.

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