Qu’on
se le dise, Cloclo, le nouveau et
grand long métrage de Florent-Emilio Siri dépasse la notion de biopic. Loin des
lourdeurs, des bruits et des cris de la Piaf de Dahan, le Claude François de
Siri est un vrai personnage de cinéma, un vrai personnage de fiction. En
prenant son personnage au sérieux, en évitant le ridicule et le kitsch, Siri se
l’approprie et transforme le chanteur disparu (interprété par un fascinant
Jérémie Rénier) en véritable héros mythologique. La première séquence simple et
ingénieuse le prouve et plonge le film dans une dimension autre. En effet, Siri
nous montre une diseuse de bonne aventure racontant à la mère du héros le
destin extraordinaire d’un Claude François sur le point de naitre. Son fils
sera dans la lumière tout au long de sa vie et le Cloclo de Siri ne sera donc
pas simplement un homme, mais avant tout un « héros », une « légende ».
Ainsi, l’existence de ce Cloclo se transforme en véritable odyssée chez Siri.
Alors, le réalisateur français ne raconte pas qu’une seule vie, ni qu’un seul
Claude François, mais plutôt plusieurs vies, plusieurs facettes d’un même
personnage. Cloclo est donc le
portrait d’un esthète, d’un homme en perdition, et qui, entre insatisfaction
chronique, colère, jalousie, haine et autodestruction devient son propre
ennemi, son ennemi intime. A travers le portrait de cet homme, Siri réalise un grand film populaire d’une beauté
formelle à toute épreuve, une œuvre faite par lui, mais avant tout destinée au
public. Cloclo est un long qui semble
tout droit sorti des années 70, rappelant par moment Scorsese et qui a avant
tout une âme et du cœur. Merci Siri. Merci Rénier.

voilà enfin quelqu'un qui me donne envie d'aller le voir....sans rire tu devrais arrêter l'anglais pour te lancer dans la critique et puis non, t'es trop bon partout! xxx
RépondreSupprimer