Qu’on
se le dise, le cinéma français n’est pas toujours à la ramasse. Son cinéma de
genre peut même être à la fois efficace et passionnant. Philippe Haim et Fred
Cavayé l’avaient prouvé (Secret Défense
pour le premier, A Bout Portant pour
le second) ; Frédéric Jardin le montre une fois de plus avec Nuit Blanche, « petit frère »
du long-métrage de Cavayé. Entre une narration fluide et un montage serré, le
rythme proposé par Jardin ne laisse jamais le spectateur se reposer sur ses
lauriers : le film va de rebondissements en rebondissements pour ne
jamais laisser le héros quitter la boite de nuit, ce qui en fait à la fois son
originalité mais aussi sa faiblesse, l’histoire ne se reposant seulement que
sur cette idée ingénieuse.
Pendant
un peu plus de quatre-vingt-dix minutes, Nuit
Blanche rappelle parfois l’ouverture de Miami
Vice ou la séquence de la boite de nuit de Collateral, deux œuvres de Michael Mann, mais deux œuvres qui ne
cannibalisent jamais le film du réalisateur français. Excepté Mann, en utilisant des
personnages renvoyant à des archétypes (le personnage de Julien Boisselier ou
celui de Serge Riaboukine), Frédéric
Jardin s’amuse même à la fois avec les codes du genre et la culture personnelle
du spectateur pour mieux servir son histoire. Ainsi, tout comme dans Drive ou Hanna, Nuit Blanche se veut une vraie volonté de faire du cinéma de
genre, comme nous avions déjà pu le voir dans le cinéma de Cavayé ou dans Une Affaire d’Etat d’Eric Valette. Finalement,
beaucoup parlait de La Proie comme le
grand film de genre français de cette année, mais c’est plutôt vers Nuit Blanche qu’il faut dorénavant se
tourner.

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