mardi 23 août 2011

'Merika.


         Parce que pour certains critiques, Inception rima l’année dernière avec déception, il est en ce moment de bon ton de taper à tout va sur The Dark Knight. Ceux qui à l’époque avaient alors encensé l’ancrage réaliste du film tournent, petit à petit, leur veste. Chez cette grande intelligentsia, trouver un remède à ce film « froid », « calculateur » et « asexué » est alors le mot d’ordre depuis quelques mois. Ce remède, la critique l’a finalement trouvé : ce sera Captain America et tant pis pour les fanboys (ou tant mieux, qui sait). Pour l’élite de la critique ciné, le dernier long-métrage de Johnston ressemblerait à un « réenchantement de l’histoire », une réécriture audacieuse et enthousiaste du XXème siècle. 


            Bruler vif ce que l’on a aimé trois ans auparavant, voilà le maitre mot. Détruire Nolan et sa saga coûte que coûte, quitte à encenser un tâcheron du nom de Joe Johnston. Dans cette mission, certains ont alors oublié que deux hommes avaient tenté, des années auparavant, la lourde tâche de « réécrire » l’Histoire au cinéma, et cela avec brio. Le premier, Guillermo Del Toro, avait réussi avec son Hellboy premier du nom (mais aussi par l’intermédiaire de son labyrinthe de Pan) à mélanger histoires mythologiques et seconde guerre mondiale. Avec sa dernière croisade, le second, Steven Spielberg, avait fait tutoyer histoire du Graal et nazis. Deux cinéastes (et deux visions de grand cinéma) maitrisant totalement leur sujet, contrairement à Johnston. Ainsi, des œuvres précitées, Captain America n’en possède ni l’ampleur et la grandeur, ni les enjeux ou le souffle épique. A trop vouloir en raconter (et cela avec une rapidité déconcertante et affligeante), Johnston passe à côté de son sujet, ne proposant ni de séquences d’action dignes du personnage (les affrontements entre Red Skull et le Cap en sont des exemples frappants), ni de réelles réflexions sur notre monde et son Histoire passée.

 


Malheureusement, comme le spectateur pouvait s’y attendre, Captain America ne se suffit pas à lui-même. En effet, comme pour chaque film estampillé Marvel, l’œuvre de Johnston devient au fil des minutes un nouveau lien, un nouveau teaser pour la grosse machine qui se prénomme The Avengers. Il est alors regrettable de voir le Captain passer de la seconde guerre mondiale au monde contemporain en un seul film, la faute à un stupide calendrier imposé par la Marvel. Sans âme, sans saveurs et au service du fanboy, Captain American pourrait bien être le début de la fin des super-héros sur grand écran. Un remède à The Dark Knight ? Non.


 Il est bien loin le temps des Sam Raimi et autres Burton.

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