Avec
son roman Amsterdam, le britannique
Ian McEwan s’intéresse à l’Humain et à ses plus bas instincts. Dans cette
intrigue rendant hommage à William Blake et plus particulièrement à son poème
« A Poison Tree », McEwan offre à son lecteur une vision à la fois pessimiste
et misanthrope de notre monde contemporain. Ici, l’ami devient facilement l’ennemi
et faux semblants, immoralité, mensonges et meurtres sont rois.
Il
faut l’admettre, Amsterdam est un
véritable tour de force. Les pages se tournent et l’étau se resserre, à la fois
autour du lecteur, mais aussi autour des personnages. Tout comme avec un de ses
précédents romans, On Chesil Beach,
le britannique s’amuse avec la notion de huit-clos. McEwan est alors seul
maitre à bord, s’amusant avec les lecteurs et ses personnages. Avec sa
narration à la fois fluide et maitrisée et son rythme soutenu, l’auteur
brouille les pistes, et l’incompréhension règne pour le spectateur et les
personnages jusqu’aux dernières pages. Le puzzle littéraire prend son temps, se
forme petit à petit jusqu’au climax final, jusqu'au duel faisant alors écho au fameux poème
de Blake. Ainsi, tout prend son sens : dans le monde de McEwan,
civilisation, primitivité et animosité ne font donc plus qu’un.

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