Avec
son dernier film, Insidious, James
Wan s’improvise funambule. Tout au long du long-métrage, le réalisateur yankee
se trouve constamment à la limite du kitsch, du ridicule et de la peur, la
vraie. Wan est sur un fil, et réussit son coup. Après le mauvais Saw et les généreux mais inaboutis Dead Silence et Death Sentence, Wan prouve qu’il peut être un metteur en scène
ingénieux. Ici, il est question d’esprits,
de possessions, de voyages astraux et d’un univers appelé « le lointain ».
Au fil des minutes, le réalisateur distille avec brio une peur anxiogène, une peur
la plupart du temps hors-champ complètement maitrisée. Insidious se transforme petit à petit en véritable train fantôme,
dont certaines séquences rappellent celles du grandiose Drag Me to Hell. Ainsi, avec son dernier
effort, Wan arrive à tutoyer par moment le génie de Sam Raimi. Avec Insidious,
James Wan signe son œuvre la plus aboutie, la plus maitrisée, mais aussi la
plus importante de sa filmographie. En sortant de la séance, le spectateur
espère que la suite ne décevra pas, tout en priant qu’il puisse un jour se
détacher de l’esprit « revival » trop envahissant de son cinéma.

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