La
route, toujours la route et rien d’autres. Avaler les kilomètres, les miles, et
conquérir les territoires. Ce que raconte Monte Hellman dans Two-Lane Blacktop, c’est une « dé-conquête »
de l’Ouest par l’intermédiaire de quatre personnages. Quatre personnages qui sillonnent les Etats-Unis d’Ouest en Est. Leur
pays devient tout d’un coup un univers teinté de désillusions, loin de la terre
promise, de ce paradis terrestre trouvé et fantasmé par les colons. Ici, les
personnages sont en pertes de repères, de valeurs, errant sans buts précis tels
des nomades. A travers Two-Lane Blacktop,
ce qu’Hellman décrit est une Amérique sans espoirs aucun, avec une « road
66 » sans fin, une route dangereuse où la mort et le désespoir semblent guetter
à chaque recoin. Par ses thèmes, son désespoir et son époque, le long-métrage
rappelle le fameux Easy Rider, un Easy Rider faisant malheureusement trop
d’ombre au film d’Hellman, qui, quarante ans après sa sortie peine encore et
toujours à être connu. En regardant Two-Lane
Blacktop, le spectateur assiste ainsi à une vraie expérience
cinématographique à la fois déstabilisante, fascinante (cette fin !) et
qui mérite à être connu. Vital. Ni plus ni moins.

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