vendredi 1 avril 2011

Army of Her.


Oh y'a moyen ?

            Il faut l’avouer, depuis ses débuts, j’ai toujours voué une haine plus que cosmique à cet homme nommé Zack Snyder. Le teubé de service selon moi. Je ne comprenais pas l’admiration des cinéphiles envers ce type. Avec un bon remake modernisé d’un film de Romero, il fallait confirmer. Deux films plus tard, il ne l’avait jamais vraiment fait. 300 et Watchmen m’ayant laissé complètement de marbre. Non, l’adaptation case par case sans vraiment réfléchir à la question d’adaptation, ça ne m’intéresse pas. Mais voilà. Il fallait s’y attendre, un jour ou l’autre, je pouvais plus ou moins succomber. Et avant toute chose, je préfère prévenir, ceci n’est pas un poisson d’avril.

            Un Alice avec des flingues, c’est la façon dont le ricain de 45 ans décrivait son film avant de démarrer la réalisation, et avec l'utilisation du morceau White Rabbit, il annonçait alors la couleur. Il était intéressant de voir ce que ce vieux Zack avait dans le ventre. Ici, plus de remake, plus d’adaptations, place au scénario original. Raison de plus pour se déplacer dans la salle la plus proche, histoire de le fustiger… ou pas. Alors oui, il faut l’avouer, seigneur, j’ai aimé Sucker Punch malgré ses défauts. Voilà, c’est dit, c’est fait. Sucker Punch travaille à la lisière de l’imaginaire. Ici, ce dernier et la réalité se confondent ne faisant qu’un. Pour échapper à l’horrible réalité de la seconde, il faut plonger au plus profond du premier. Ici, plus de portes pour y accéder, il suffit simplement de danser. L’imaginaire prend alors la forme d’un rêve éveillé, un rêve sur plusieurs niveaux, tel un jeu vidéo. Oui, cela pourrait alors plus ou moins rappeler Inception, à l’exception près que contrairement au film de Nolan, celui de Snyder ne prend jamais son spectateur de haut. 

Sex on Fire


Ici son imaginaire est un outil renvoyant à une certaine imagerie geek, où jeux vidéos, Heroic Fantasy et cinéma de genre ne font plus qu’un, comme dans un rêve éveillé de geek. Ici, les zombies nazis de Call of Duty tutoient les Orcs du Seigneur des Anneaux, le Dragon de Bilbo ou des Samouraïs frères jumeaux de celui que le spectateur pouvait apercevoir dans le Brazil de Terry Gilliam. Snyder s’efforce tant bien que mal à tenter un commentaire, une analyse de cet univers geek. L’ensemble ne tient pas toujours la route, l’homme n’étant pas encore Tarantino pour prendre du recul vis-à-vis de son monde. Il n’empêche que l’homme a fait du chemin avec les séquences d’action, plus soignées, moins clinquantes. Des séquences où le slow motion n’est plus utilisé à outrance, mais avec intelligence, apportant l’aspect iconique, héroïque et épique que Babydoll et sa bande méritent. Il suffit simplement d’observer le premier combat dantesque opposant le personnage d’Emily Browning à trois samouraïs géants, avec Army of Me de Bjork en fond sonore  pour s’en apercevoir. Ici, les moments de poseurs que le spectateur pouvait trouvé dans 300 et Watchmen ne sont plus, et la photographie est à tomber.

Alors oui, il faut l’avouer, le film n’est pas parfait, loin de là. Le long aurait sûrement gagné en force si Snyder avait encore plus exploité l’idéologie geek (et jouer avec les codes), la noirceur et l’aspect sexuel de son récit. Son œuvre aurait été supérieure si son montage avait été resserré ou si le combat face aux robots  avait été plus réussi, seul moment où le slow motion envahit l'écran pour le pire. Malgré tout, Snyder semble avoir quasiment réalisé un certain fantasme ultime, celui où de jeunes filles très peu vêtues prennent vie sur grand écran, histoire d’en découdre avec des Orcs, robots ou autres samouraïs démoniaques. Une certaine idée du divertissement. Ni plus, ni moins. Plaisir primaire. Plaisir coupable. Ma haine envers Snyder semble alors s’être diminuée. Ce n’est pas plus mal, surtout avec l’arrivée de son Superman.

Alice au Pays des Kikoololz

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