vendredi 18 mars 2011

I'm gonna Black Swan your ass.


Alors c’est comme ça. Darren Aronofsky serait, selon Les Cahiers du Cinéma de mes deux, le leader de la nouvelle génération. Et tout ça grâce à Black Swan. En voyant la couverture du mois dernier, je n’avais qu’une seule envie, partir vite à Spokane, me cacher, ne plus avoir affaire à ces types des Cahiers. Même chose pour Mad Movies. Selon eux, cette année, il sera difficile de faire mieux que Darren avec son film et ses effets de pachyderme. Et alors les gars, Terrence Malick, le digne héritier de Thoreau et Melville, vous l’avez oublié ? J’aurais donc des goûts de chiottes. Auparavant, je parlais du mélange des genres, du pastiche postmoderniste. Des citations, des références, dans le dernier Aronofsky, il y en a. Même parfois trop. Polanski, Haneke, Cronenberg, Argento, The Red Shoes et des plans, séquences rappelant très (trop ?) le Perfect Blue de Kon. Malheureusement, point des digestions à l’arrivée, point de recul vis-à-vis des œuvres citées, des miroirs en veux-tu en voilà pour prouver de façon lourde la double personnalité de l’héroïne (Argento, les miroirs, une histoire d’Amour) et un personnage, celui de Vincent Cassel, nous racontant la trame de ce film. Pas vraiment de surprises, pas vraiment de malaises pendant la séance. Un ennui presque total et des rires quand il ne faudrait pas. Tiens, tout ça rappelle Nolan et son Inception. Le pire, c’est que l’on pourrait parier qu’ils ne l’ont pas fait exprès d’être aussi concons, d’être aussi niés. Trop intellos pour vous les spectateurs. Intellos, donc bon pour être chez les Cahiers ou les Inrocks. Voir Nolan à côté d’un Christophe Honoré, cela me fait pâlir, j’en tomberais presque malade, j’en viendrais même à prendre ma carte de socio du Barca. Non, en y réfléchissant, jamais de la vie. Barca, Cahiers du cinéma, tiens, ça se tient d’un côté, non ? Et là,  tout d’un coup, le public applaudit, et la fadasse Portman remporte son Oscar, qui serait, apparemment mérité. Mérité pour quoi déjà ? Ouai, parce que tu comprends là, elle a perdu plein de kilos et a pris des cours de danse hein, non mais attends quoi, l’hallu totale, c’est la meilleure actrice de sa génération. Ah bon ? Comment ça ? Non, je n’ai toujours pas compris.

Le cunni c'est bien. C'est Mila qui le dit.

C’est dur à avaler. Encore plus dur lorsque Les Cahiers encensent The Green Hornet de Michel Gondry. Ha. The Green Hornet, favori des Cahiers, vraiment ? Tiens, étrange. Comme si ces derniers voulaient encore, une fois de plus être en marge de l’esprit des cinéphiles. Pour prouver qu’un français pouvait réussir en réalisant un film de super héros qui n’en est pas vraiment un. Oui, bon. Mais cela fait quand même marrer. Rohmer, The Green Hornet, il dit qu’il voit pas le rapport. Moi non plus. Allez, admettons-le, The Green Hornet, c’était sympa. Oui. Mais voir en Gondry un leader de sa génération, c’est comme penser que François Bégaudeau est un grand critique de ciné. Non ? Michel Gondry, l’homme au seul bon film, celui qui a dû pleurer toutes les larmes de son corps lorsque son ami Kaufman l’a quitté. Gondry, le mec que l’on doit encenser si l’on veut prouver à ses amis que « oui, tu vois, moi, je suis un cinéphile, un vrai. »  Alors ce serait eux les deux leaders de la nouvelle génération. Aronofsky, pourquoi pas. Quoi que l’on puisse dire sur The Fountain et The Wrestler, ce sont deux films que l’on peut apprécier, que l’on peut aimer. Pas Black Swan, un foutage de gueule de tous les instants. Gondry, lui, est énervant avec sa touche de bricoleurs du cinéma. Gondry m’ennuie. Je me rappelle ô combien il m’avait ennuyé avec sa fausse nostalgie dans son Be Kind, Rewind. Aronofsky, Gondry. Ma réponse est négative. 

Oui cher lecteur, tu pourrais bien tomber sur ça si tu t'attaques à Extremely Loud & Incredibly Close

Malheureusement ou pas, je me recroqueville sur moi-même. Le cinéma que l’on encense semble ne plus vraiment me plaire. Cela reviendra avec le temps. Je rattrape mon retard, je tente d’autres chemins, d’autres routes. Green Lantern et la JLA semblent avoir eu raison de moi. Et la littérature me rattrape même si le temps m’est parfois compté avec l’écriture du mémoire. Il faut dire que je suis tombé complètement amoureux de l’écriture de Don DeLillo, grâce à son fabuleux White Noise, dont les thèmes ressemblent étrangement à ceux de Matrix. DeLillo, E.L. Doctorow et son cinématographique Ragtime ou Jonathan Safran Foer qui peut à la fois me frustrer, m’énerver et m’enchanter à la lecture du grand (trop grand ?)  Extremely Loud & Incredibly Close. La littérature postmoderniste les enfants, la littérature postmoderniste.  Tiens, j'allais oublier Cormac McCarthy. Vous savez, ce génie oublié. Celui dont personne ne parle, l'homme qui évite les facultés et les conférences comme la peste. Cormac, les Etats-Unis. Mon pays. Un jour, j'y retournerai. La nuit tombe. Je pense à Spokane. Encore. A cette neige qui me rappelait Fargo, à ce campus qui me rappelait The Social Network lorsque la nuit tombait. J'hésite. Et puis tant pis, je retente le coup  et me jette une fois de plus dans les salles obscurs, à chaque semaine. Ne jamais baisser les bras. Battle: Los Angeles, Winter’s Bone, Hell Driver, The Fighter et Sucker Punch. Pas si génial que ça, mais c’est, pour le moment, tout ce que l’on peut se mettre sous la dent dans les semaines à venir.

“In brightest day, in blackest night,
No evil shall escape my sight
Let those who worship evil's might,
Beware my power... Green Lantern's light!”

Pourquoi j'attends Hell Driver ? A votre avis ! En 3D en plus ...


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