vendredi 25 mars 2011

Darkness on the Edge of Town.


            L’enfer aux Etats-Unis semble encore exister. C’est ce que semble nous révéler Winter’s Bone. Cet enfer n’est autre que le Missouri où la lumière n’est qu’une légende. Ici, le passé semble encore avoir ses droits, la Frontière ne semble pas s’être arrêtée, et il est parfois difficile de différencier l’homme de l’animal. Un Missouri où les liens du sang ne comptent que si l’on suit la loi du silence. La briser signifie alors presque votre arrêt de mort. Les corps desséchés, les cadavres, la mort parfois source de vérité, les mensonges : voilà le présent du personnage interprété par la belle et prometteuse Jennifer Lawrence. Un présent ne semblant donner aucun réel avenir à ces rednecks. La seule chose qui est sûre, c’est que la faucheuse viendra récupérer son dû, un jour ou l’autre. Un univers parfois frère jumeau du monde de Flannery O’Connor. Un monde auquel ses habitants ne peuvent échapper. 

Supergirl II


C’est aussi cette idée que le spectateur peut retrouver dans The Fighter, une vision de l’Amérique à la fois différente mais proche de celle que l’on pouvait apercevoir dans Winter’s Bone. En effet, Micky, interprété par Mark Walhberg ne semble pas être en mesure de rayer son passé mais surtout sa famille, nuisant à sa carrière de boxeur. A vrai dire, comme lui explique sa mère, si Dieu l’a décidé comme ça, il ne pourra pas faire autrement. Derrière son destin de combattant, se dessine alors la vision sociale et la chronique familiale d’une certaine Amérique, celle des perdus, des perdants : par exemple, Charlene, sa petite amie, barmaid, essaye de s’en sortir après avoir échoué la fac. Mais le représentant le plus important de ces gens n’est autre que Dicky, joué par le grand Christian Bale : drogue, vols, prison. Voilà son quotidien, avant une hypothétique rédemption. Pour devenir la fierté  de Lowell, Massachusetts ce fighter  devra donc payer le prix fort. Tenter de se construire une vie, une vraie tout en essayant d'éloigner cette famille, véritable cancer de son existence, voilà ce qui attend Micky. Une ode à une certaine Amérique. Tout aussi beau qu’un morceau de Bruce Springsteen.

Adam Raised a Cain

1 commentaire: