lundi 7 mai 2012

Diplodocus.


L’Ecosse, Glasgow vont mal, très mal dans le faussement rude Tyrannosaur, premier film de Paddy Considine. A travers cette rencontre entre deux êtres à la dérive et que tout, à premier abord, sépare, Considine tente de dépeindre la fracture de l’Ecosse et le malaise accompagnant ses habitants, qu’il soit racial, sexuel ou social. Avec ce sentiment de fin du monde qui traverse ce premier long, Considine n’arrive jamais à donner vie à son histoire dénuée de toute ligne directrice, mais aussi à ses personnages, ces derniers ressemblant plus à des archétypes vidés de toute substance. Mais le véritable  problème chez  Considine réside dans cette volonté de toujours vouloir provoquer les sentiments chez le spectateur, de les surligner, de ne jamais les rendre naturels. Ainsi, dans Tyrannosaur, ce qui compte avant tout est de faire confronter un misérabilisme des plus affligeants aux spectateurs, quitte à les perdre : il est alors question de destruction du couple, de l’être et des relations entre êtres humains, mais aussi de « résurrection » ou de rédemption. En racontant son histoire, Considine veut donc à tout prix choquer, provoquer le spectateur (le mari urinant sur l’héroïne endormie), sans vraiment le questionner, l’interroger et oublie de raconter son histoire, quitte à ne jamais vraiment être sincère. Tyrannosaur pourrait rappeler James Joyce aux spectateurs, mais le talent et l'intelligence en moins.

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