L’Ecosse,
Glasgow vont mal, très mal dans le faussement rude Tyrannosaur, premier film de Paddy Considine. A travers cette rencontre
entre deux êtres à la dérive et que tout, à premier abord, sépare, Considine tente
de dépeindre la fracture de l’Ecosse et le malaise accompagnant ses habitants,
qu’il soit racial, sexuel ou social. Avec ce sentiment de fin du monde qui
traverse ce premier long, Considine n’arrive jamais à donner vie à son histoire
dénuée de toute ligne directrice, mais aussi à ses personnages, ces derniers
ressemblant plus à des archétypes vidés de toute substance. Mais le véritable problème chez Considine réside dans cette volonté de toujours
vouloir provoquer les sentiments chez le spectateur, de les surligner, de ne
jamais les rendre naturels. Ainsi, dans Tyrannosaur,
ce qui compte avant tout est de faire confronter un misérabilisme des plus
affligeants aux spectateurs, quitte à les perdre : il est alors question
de destruction du couple, de l’être et des relations entre êtres humains, mais
aussi de « résurrection » ou de rédemption. En racontant son
histoire, Considine veut donc à tout prix choquer, provoquer le spectateur (le
mari urinant sur l’héroïne endormie), sans vraiment le questionner, l’interroger
et oublie de raconter son histoire, quitte à ne jamais vraiment être sincère. Tyrannosaur pourrait rappeler James Joyce aux spectateurs, mais le talent et l'intelligence en moins.

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