dimanche 19 février 2012

Circus.


Avec son nouveau long, Tinker Tailor Soldier Spy, Tomas Alfredson transpose le spleen ambiant de son magnifique Let the Right One In de la Suède à l’Angleterre. Ici, il n’est plus question de vampires ni d’adolescence, mais d’espions. Nous sommes en 1973 et Smiley (grand Oldman) est chargé de trouver la taupe se cachant au sein du Cirque (nom donné au MI6 pour sa vue sur Cambridge Circus). Commence alors une véritable partie d’échec entre le héros du film, le temps et l’espace. En effet, le personnage de Goldman va tout disséquer, tout analyser, faisant des aller-retours entre passé et présent par l’intermédiaire du montage intelligent de Tomas Alfredson. Mais à travers cette enquête à la fois minutieuse et à couteaux tirés, le spectateur comprend vite que ce qui intéresse avant tout le metteur en scène suédois n’est pas la résolution de l’enquête, mais plutôt de réaliser le portrait d’un empire britannique en  « fin de vie »; un empire rongé par un cancer qui n'est autre que la guerre froide. Symboles du monde dans lequel ils vivent, Smiley, Control et les autres protagonistes de Tinker, Tailor, Soldier, Spy ne représentent simplement plus que les faiblesses et les échecs d’une puissance qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ainsi, les personnages d’Alfredson ne peuvent que contempler avec impuissance la chute de leurs idéaux et se transformer en figures d’une époque révolue, traversant tout au long du métrage un royaume figé dans le temps tels de véritables fantômes. Entre classicisme et modernité, doté d'un casting impressionant, Alfredson nous livre, une fois de plus un grand film.

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