mardi 27 décembre 2011

MSF.

C’était d’une évidence pure. C’était le moment ou jamais : il fallait me plonger au plus vite dans l’univers créé par Auster. Il fallait me laissait dévorer par ce dernier de suite, sans y réfléchir, quitte à y laisser mon âme. Plus qu’une envie, cela était devenu un besoin, une obsession. Une obsession de le lire, de rencontrer ses personnage et leur solitude. Et sans crier garde, un soir de décembre, Moon Palace s’offrit à moi. Moon Palace ou les tribulations de Marco Fogg. Moon Palace, c’est la lune, la vraie, qui clôture le récit, mais aussi ce fameux restaurant donnant son titre à l’œuvre. Perdu en plein milieu de New York,  cette lune « imaginaire » et ses néons attirent le héros au début du roman et mutera en symbole de la pensée et de la vie de Fogg ; un symbole qui transformera son existence. Cette lune, qu’elle soit un restaurant new yorkais ou le satellite de la terre, devient soudainement la Green Light du héros d’Auster.

A travers ma lecture, Marco aka M.S devenait moi, et je devenais M.S. Je pensais à Time ou Wish You Were Here des Pink Floyd et ne voulait plus quitter mon nouvel « ami ». Se laisser porter par le destin, traverser l’Amérique pour se retrouver et finalement débuter sa vie, voilà ce qui attend M.S. Traverser l’Amérique à travers les récits d’un vieil homme prénommé Effing ; des récits ayant un goût de western, un goût d’Amérique. Les pages de Moon Palace sont donc imprégnées de cette pop culture américaine, de son cinéma et de sa littérature. L’imagination et la fiction prennent le pas sur la vie, la vraie. Ces derniers ne font plus qu’un et Marco vit et apprend à travers eux. Les secondes, les minutes, les heures, les jours, les mois, les années. La mort intervient, et tout comme elle, l’amour (avec Kitty, princesse des dragons) construit et déconstruit la vie ; et des personnages (ré)apparaissent. Des fantômes du passé, des énigmes vivantes et des révélations s’entrechoquent.

Entre destin, hasard et chemins qui se croisent, Moon Palace, roman d’apprentissage, est à la fois l’histoire d’un jeune homme, d’une famille américaine (qui s’ignore) et de leur Amérique. Une Amérique qui se transforme de nouveau en prairie, une prairie où la « wilderness » est reine. Que l’on soit à Central Park ou en plein désert de l’Utah, la nature dévore et détruit tout sur son passage. Chez Auster, le territoire américain possède une portée cosmique rappelant la mer sauvage et la baleine de Moby Dick ; un aspect cosmique semblant diriger la vie de Marco Fogg. Ainsi, après avoir traversé le pays d’Est en Ouest (en voiture et ensuite à pied), Fogg termine son périple au bord du Pacifique, au « bout du monde » et trouve finalement une signification à sa vie. Le jeune héros d’Auster contemple la lune disparaitre dans les ténèbres ; cet astre à la fois cosmique et divin vient enfin de lui « révéler » qui il était vraiment. Fogg comprend alors que sa vie peut enfin (re)commencer : époustouflant.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire