C’était
d’une évidence pure. C’était le moment ou jamais : il fallait me plonger
au plus vite dans l’univers créé par Auster. Il fallait me laissait dévorer par
ce dernier de suite, sans y réfléchir, quitte à y laisser mon âme. Plus qu’une
envie, cela était devenu un besoin, une obsession. Une obsession de le lire, de
rencontrer ses personnage et leur solitude. Et sans crier garde, un soir de
décembre, Moon Palace s’offrit à moi.
Moon Palace ou les tribulations de
Marco Fogg. Moon Palace, c’est la
lune, la vraie, qui clôture le récit, mais aussi ce fameux restaurant donnant
son titre à l’œuvre. Perdu en plein milieu de New York, cette lune « imaginaire » et ses
néons attirent le héros au début du roman et mutera en symbole de la pensée et
de la vie de Fogg ; un symbole qui transformera son existence. Cette lune,
qu’elle soit un restaurant new yorkais ou le satellite de la terre, devient
soudainement la Green Light du héros
d’Auster.
A
travers ma lecture, Marco aka M.S devenait moi, et je devenais M.S. Je pensais
à Time ou Wish You Were Here des Pink Floyd et ne voulait plus quitter mon nouvel
« ami ». Se laisser porter par le destin, traverser l’Amérique pour
se retrouver et finalement débuter sa vie, voilà ce qui attend M.S. Traverser
l’Amérique à travers les récits d’un vieil homme prénommé Effing ; des
récits ayant un goût de western, un goût d’Amérique. Les pages de Moon Palace sont donc imprégnées de
cette pop culture américaine, de son cinéma et de sa littérature. L’imagination
et la fiction prennent le pas sur la vie, la vraie. Ces derniers ne font plus
qu’un et Marco vit et apprend à travers eux. Les secondes, les minutes, les
heures, les jours, les mois, les années. La mort intervient, et tout comme
elle, l’amour (avec Kitty, princesse des dragons) construit et déconstruit la
vie ; et des personnages (ré)apparaissent. Des fantômes du passé, des
énigmes vivantes et des révélations s’entrechoquent.
Entre
destin, hasard et chemins qui se croisent, Moon
Palace, roman d’apprentissage, est à la fois l’histoire d’un jeune homme,
d’une famille américaine (qui s’ignore) et de leur Amérique. Une Amérique qui se
transforme de nouveau en prairie, une prairie où la « wilderness »
est reine. Que l’on soit à Central Park ou en plein désert de l’Utah, la nature
dévore et détruit tout sur son passage. Chez Auster, le territoire américain
possède une portée cosmique rappelant la mer sauvage et la baleine de Moby Dick ; un aspect cosmique
semblant diriger la vie de Marco Fogg. Ainsi, après avoir traversé le pays d’Est
en Ouest (en voiture et ensuite à pied), Fogg termine son périple au bord du
Pacifique, au « bout du monde » et trouve finalement une
signification à sa vie. Le jeune héros d’Auster contemple la lune disparaitre
dans les ténèbres ; cet astre à la fois cosmique et divin vient enfin de
lui « révéler » qui il était vraiment. Fogg comprend alors que sa vie
peut enfin (re)commencer : époustouflant.
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