Je
me trompais. Oui, le bonheur au cinéma peut être magnifique. Le bonheur et la vie sur
grand écran peuvent ne pas s’avérer ennuyeux. Pour cela, il ne faut pas suivre
l’exemple d’une Valérie Donzelli ou la voie d’un Honoré. La vie
peut être magnifique au 7ème Art. Pour y croire, le spectateur a
alors besoin d’un génie derrière la caméra, d’un vrai. Un génie pouvant avoir
le visage d’un Frank Capra. Avec brio, Capra réussit à utiliser l'aspect manichéen
de ses histoires pour en faire une des principales forces de ses récits. Il
suffit de visionner It’s A Wonderful Life
ou Mr. Smith Goes To Washington pour
s’en apercevoir. James Stewart qui, à la fin du premier film cité, court dans
les rues enneigées de sa ville en criant de joie Merry Christmas aux passants, est
un exemple frappant à la fois de la force et de la simplicité de l’œuvre de
Capra. Dans le second long-métrage, en endossant le rôle de Mr. Smith, James
Stewart se transforme en représentant direct des valeurs défendues par
Jefferson ou Lincoln. Au fil du métrage, le héros (naïf) n’aura de cesse de
combattre les multiples corruptions des sénateurs américains. La donne est donc
simple, c’est un combat entre le bien et le mal et qui se déroule en plein
sénat, que raconte Capra. Ce dernier s’amuse même avec les différentes
interprétations que l’on peut attribuer à la Constitution des Etats-Unis. Mais
le tour de force de Mr. Smith Goes To
Washington n’est autre que l’utilisation du Filibuster (qui devient une magnifique
idée de cinéma) par Smith pour « contrer » ses « ennemis ».
Une idée qui, au final, s’avèrera payante. Entre humour, amour, simplicité et
intelligence, Capra rend la vie plus belle sur grand écran. Une
chose rare. Certainement la marque des plus grands.
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