mardi 25 octobre 2011

Hell Hath No Fury.



Brutal et lancinant. C’est de cette façon que l’on pourrait décrire The Woman,  le nouveau long-métrage de Lucky McKee, metteur en scène du magnifique The Woods (adulé par l’auteur de ces lignes). En effet, il faut de suite le préciser : The Woman est du même calibre que (l’incroyable) The Descent, The Texas Chainsaw Massacre ou bien The Devil’s Rejects. Tout comme les œuvres précitées, The Woman pourrait bien en laisser plus d’un sur le carreau. En réalisant une œuvre aussi marquante, c’est tout simplement une date importante du cinéma d’horreur que propose McKee à ses spectateurs. Loin des mauvais et pitoyables « tortures porns » du moment (Saw, I Spit On Your Grave), la violence insoutenable à laquelle nous sommes confrontés n’est jamais nauséabonde, jamais déplacée, toujours sauvée par un discours, des métaphores et une mise en scène évitant tout voyeurisme.


Ainsi, au fil des minutes et à l’aide de la violence proposée à l’écran, McKee transforme sa nouvelle œuvre en fable, "folktale" féministe. Un choix que le spectateur pouvait déjà trouver dans May ou The Woods. A travers cette fable cinématographique, le réalisateur américain nous convie à devenir les témoins de la destruction d’une famille américaine, miroir de la civilisation bien-pensante. En enfermant cette jeune femme issue de la "wilderness" (véritable figure christique), le père de famille, mais aussi son jeune fils, s’adonnent à leurs plus bas instincts. Chez eux, la violence et le sexe ne font alors plus qu’un. C’est donc un fait, au-delà de la destruction du cocon familial, c’est la dégénérescence de l’être humain que filme McKee. Mais alors que tout espoir semblait perdu, et après une vengeance des plus destructrices, il semblerait que le salut de l’être humain reposerait sur la nature, cette "wilderness" représentée par la femme. Une proposition que l’on peut entrapercevoir dans les derniers instants du long-métrage, une proposition frôlant la poésie avec cette famille « reconstituée ». Oui, c’est un fait. McKee a tous des plus grands.  

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