Brutal
et lancinant. C’est de cette façon que l’on pourrait décrire The Woman, le nouveau long-métrage de Lucky McKee,
metteur en scène du magnifique The Woods
(adulé par l’auteur de ces lignes). En effet, il faut de suite le
préciser : The Woman est du même
calibre que (l’incroyable) The Descent,
The Texas Chainsaw Massacre ou bien The
Devil’s Rejects. Tout comme les œuvres précitées, The Woman pourrait bien en laisser plus d’un sur le carreau. En
réalisant une œuvre aussi marquante, c’est tout simplement une date importante
du cinéma d’horreur que propose McKee à ses spectateurs. Loin des mauvais et
pitoyables « tortures porns » du moment (Saw, I Spit On Your Grave),
la violence insoutenable à laquelle nous sommes confrontés n’est jamais
nauséabonde, jamais déplacée, toujours sauvée par un discours, des métaphores
et une mise en scène évitant tout voyeurisme.
Ainsi,
au fil des minutes et à l’aide de la violence proposée à l’écran, McKee
transforme sa nouvelle œuvre en fable, "folktale" féministe. Un choix que le
spectateur pouvait déjà trouver dans May
ou The Woods. A travers cette fable
cinématographique, le réalisateur américain nous convie à devenir les témoins de
la destruction d’une famille américaine, miroir de la civilisation
bien-pensante. En enfermant cette jeune femme issue de la "wilderness" (véritable
figure christique), le père de famille, mais aussi son jeune fils, s’adonnent à
leurs plus bas instincts. Chez eux, la violence et le sexe ne font alors plus
qu’un. C’est donc un fait, au-delà de la destruction du cocon familial, c’est
la dégénérescence de l’être humain que filme McKee. Mais alors que tout espoir
semblait perdu, et après une vengeance des plus destructrices, il semblerait que
le salut de l’être humain reposerait sur la nature, cette "wilderness"
représentée par la femme. Une proposition que l’on peut entrapercevoir dans les
derniers instants du long-métrage, une proposition frôlant la poésie avec cette
famille « reconstituée ». Oui, c’est un fait. McKee a tous des plus
grands.

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