Alors
c’est donc ça le coup de cœur de Cannes 2011. C’est donc ça le long-métrage qui
avait réussi à mettre tout le monde d’accord lors de la dernière quinzaine.
C’est donc ça La Guerre Est Déclarée.
Le buzz, le buzz, toujours le buzz. Tout ça pour ça. Tout ça pour rien. Loin de
la grandeur des derniers Terrence Malick et Pedro Almodovar, loin de l’ode à la
vie et des pertes d’identités sexuelles. C’était donc la médiocrité artistique
que les Inrocks et compagnie avaient tenté de défendre, de mettre en haut de
l’affiche. Un coup de cœur qui ressemble à un vulgaire téléfilm, à du mauvais
amateurisme. Valérie Donzelli serait donc avec notre grand ami Christophe
Honoré, les vrais et dignes héritiers de la nouvelle vague. Le vrai cinéma
français, « l’engagé », « l’intellectuel ».
Un
cinéma qui oserait. Certes. Je reprends mon souffle, et relis la première
phrase de ce paragraphe. Je ris d’un coup et repense aux fausses « grandes »
idées de cinéma de La Guerre Est
Déclarée. Des idées tant louées par les critiques : annoncer la
naissance d’un enfant en utilisant le tableau L’Origine du Monde. « Révolutionnaire » me diriez-vous,
tout comme cette récupération incessante de la musique. Il est vrai que
personne auparavant n’avait tenté d’utiliser Les Quatre Saisons de Vivaldi pour un long-métrage (Park Chan-Wook
est un imbécile, bien sûr). En lisant ou en écoutant ces grands manitous, personne
n’avait réussi avec brio, à utiliser la musique comme narration à part entière :
Trent Reznor pour The Social Network,
trop « mainstream » (ou « obscur », à vous de choisir)
peut-être. Tarantino et ses multiples (et grandes) références musicales ?
Pas assez sérieux pour les grands sages de la critique. Ainsi, que l’utilisation
d’un morceau de Yuksek (tout comme la séquence qu’il accompagne et ses
mouvements de caméra grotesques) n’ait pas réellement lieu d’être, importe peu.
Il faut donc tenter de prouver la fausse grandeur et le faux génie qui émanent
du film. Quitte à vendre son âme au diable et encenser le jeu appuyé des
acteurs, qui, pendant un peu moins de deux heures, ressemblent à des marionnettes
désarticulées, vidées de leurs âmes, sans vies. Un peu comme le cinéma que nous
propose Donzelli avec sa dernière œuvre. Entre ridicule et régression. Un cinéma du cauchemar.

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