samedi 13 août 2011

La fin de leur monde.


C’est un fait,  Melancholia, la dernière œuvre du danois Lars Von Trier est un opéra mis sur image. Un opéra de fin du monde, un opéra sur la fin de l’être, de l’insignifiant. Un opéra racontant la danse funeste entre la planète Melancholia et les êtres de la planète terre. Les dix premières minutes funestes l’attestent. Le long-métrage s’ouvre avec le prélude de Tristan und Isolde de Wagner (leitmotiv musical du film) et différents tableaux au ralenti, annonçant les parties les plus importantes de l’intrigue. Des tableaux d’une beauté folle rappelant ceux utilisés au théâtre et qui posent les fondations des évènements majeurs à venir.


 Au fil des minutes, et en parallèle avec cette fin du monde proche, Von Trier dessine un fascinant portrait de femme. Un portrait fait de dégénérescence humaine et de misanthropie, incarné avec sobriété par Kirsten Dunst, beauté d'une grandeur à la fois froide et solaire. Son personnage, Justine, est « ailleurs ». Ophélie des temps modernes, Justine parcoure l’œuvre tel un corps ans âme, un demi-fantôme. Justine la misanthrope a connaissance de toutes choses et apparait comme un être supérieur à l’humain. Ainsi, le spleen, la mélancolie l’envahit. La vie ne lui apporte plus rien. C’est dans cet état qu’elle peut faire face à la mort, à la planète Melancholia, à cette faucheuse. Le seul espoir de l'humanité face à cette destruction, mais qui ne changera rien, fait son apparition dans les dernières minutes. Aunt Steelbreaker (comme l’appelle son neveu), le jeune homme et sa mère se retrouvent à l’intérieur d’une cabane en bois, qui serait « indestructible » selon les dires du garçon et de l’héroïne. Ainsi, malgré la chute de l’humain, de son règne et de la nature qui l’entoure, une seule chose résiste à Melancholia et à la destruction : l’imagination.

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