C’est
un fait, Melancholia, la dernière œuvre du danois Lars Von Trier est un
opéra mis sur image. Un opéra de fin du monde, un opéra sur la fin de l’être, de
l’insignifiant. Un opéra racontant la danse funeste entre la planète
Melancholia et les êtres de la planète terre. Les dix premières minutes
funestes l’attestent. Le long-métrage s’ouvre avec le prélude de Tristan und Isolde de Wagner (leitmotiv
musical du film) et différents tableaux au ralenti, annonçant les parties les
plus importantes de l’intrigue. Des tableaux d’une beauté folle rappelant ceux
utilisés au théâtre et qui posent les fondations des évènements majeurs à
venir.
Au fil des minutes, et en parallèle avec cette
fin du monde proche, Von Trier dessine un fascinant portrait de femme. Un
portrait fait de dégénérescence humaine et de misanthropie, incarné avec
sobriété par Kirsten Dunst, beauté d'une grandeur à la fois froide et solaire. Son personnage, Justine, est
« ailleurs ». Ophélie des temps modernes, Justine parcoure l’œuvre tel
un corps ans âme, un demi-fantôme. Justine la misanthrope a connaissance de
toutes choses et apparait comme un être supérieur à l’humain. Ainsi, le
spleen, la mélancolie l’envahit. La vie ne lui apporte plus rien. C’est dans
cet état qu’elle peut faire face à la mort, à la planète Melancholia, à cette
faucheuse. Le seul espoir de l'humanité face à cette destruction, mais qui ne changera rien, fait son apparition dans les
dernières minutes. Aunt Steelbreaker (comme l’appelle son neveu), le jeune homme
et sa mère se retrouvent à l’intérieur d’une cabane en bois, qui serait « indestructible »
selon les dires du garçon et de l’héroïne. Ainsi, malgré la chute de l’humain, de
son règne et de la nature qui l’entoure, une seule chose résiste à Melancholia
et à la destruction : l’imagination.

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