The Ward,
le dernier long-métrage du grand John Carpenter (toujours inédit en France),
n’est pas le naufrage ou la catastrophe annoncé(e) ici ou là depuis plusieurs
mois dans la blogosphère. Quelque chose de fascinant se produit même lors du
visionnage de l’œuvre : parce que The
Ward nous parait si « old-school », si « évident » dans
la filmographie d’un homme de la trempe d’un Carpenter, le film nous parait
presque anecdotique ; comme si ce dernier ne nous avait jamais
« quitté ». Mais ce serait sans compter sur cette anecdote : Big
John n’avait plus rien fait depuis le très moyen et mal-aimé Ghosts of Mars. Dix ans. Oui, Dix ans
qui, pour beaucoup furent synonymes de traversée du désert, surtout si l’on
omet les épisodes réalisés par le maitre pour le show Masters of Horrors. Dix années d’un silence à la fois fascinant et
effrayant. Effrayant pour ses admirateurs qui pensaient sûrement son talent
envolé. Fascinant parce que même si The
Ward n’est pas le chef-d’œuvre qu’une certaine partie des fans de l’américain
attendait fébrilement, ce métrage prouve que le talent du maitre n’est pas mort,
contrairement à celui d’un Dario Argento. Loin de l’enfer du système Hollywoodien
que Carpenter évite depuis tant d’années. Loin des franchises Saw ou des remakes d’œuvres horrifiques,
le réalisateur réussit une série B d’excellente facture, peut-être sans réelles
surprises, mais réussissant à créer à la fois une ambiance et une peur palpable
sur l’écran. Et si le film vaut le coup d’être visionné, c’est aussi (et
surtout) pour son casting féminin, de la
belle Lyndsy Fonseca à la grande et talentueuse Amber Heard, qui porte littéralement
le long-métrage sur ses épaules. Je l’avais déjà écrit auparavant en ces lieux,
mais cette jeune femme a tout d’une grande.
C’est
donc un fait. Carpenter, l’artiste, n’est pas mort et The Ward prouve aux spectateurs que l’américain a plus d’un tour
dans son sac. Et en attendant son grand et vrai réveil (retour), le spectateur
attendra sagement en visionnant les perles des rares réalisateurs pouvant
prétendre rivaliser avec Big John : Lucky McKee, Christopher Smith ou Neil
Marshall. Trois hommes malheureusement peu connus du grand public.

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