lundi 13 juin 2011

Teen Age Riot.


Escapades

Il y a quelque chose d'intriguant et de fascinant qui parcoure la première séquence de Simon Werner a Disparu… Le spectateur aperçoit le personnage d’Alice traverser une résidence pavillonnaire de nuit, la musique atmosphérique de Sonic Youth (quelle soundtrack! )accompagnant la séquence. De ces quelques secondes réussies et maitrisées se dégage une inquiétante étrangeté rappelant Twin Peaks pour l’atmosphère et la photo, mais aussi Elephant ; deux long-métrages qui hantent le récit sans le cannibaliser. Ici, Fabrice Gobert s’amuse avec le spectateur, joue la carte du fantastique pour mieux la détruire quelques minutes plus tard. En effet, ce qui intéresse Gobert se trouve autre part : raconter une certaine adolescence française, celle des années 90s, entre nostalgie et doutes ; entre sexe, amour et sida. Dans Simon Werner a Disparu, des ados disparaissent, un par un, les rumeurs commencent à voir le jour et les jeunes s’inventent des histoires pour tuer la morosité de leur environnement. Le(s) mystère(s) plane(nt), mais la résolution vient, petit à petit, par l’intermédiaire d’une narration éclatée ; une narration qui est à la fois la force mais aussi la faiblesse de ce premier film, tout comme son final. Avec son premier film, Gobert dynamite le teen movie français, se range du côté des Beaux Gosses de Riad Sattouf, et rappelle, par moments, une certaine Sofia Coppola. Ainsi, Simon Werner a Disparu… est donc une nouvelle preuve que le cinéma français peut réussir à évoquer sa jeunesse avec justesse et beauté, tout en évitant les poncifs d’un certain Christophe Honoré.

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