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| Escapades |
Il
y a quelque chose d'intriguant et de fascinant qui parcoure la première séquence
de Simon Werner a Disparu… Le
spectateur aperçoit le personnage d’Alice traverser une résidence pavillonnaire
de nuit, la musique atmosphérique de Sonic Youth (quelle soundtrack! )accompagnant la séquence. De ces quelques
secondes réussies et maitrisées se dégage une inquiétante étrangeté rappelant Twin Peaks pour l’atmosphère et la
photo, mais aussi Elephant ;
deux long-métrages qui hantent le récit sans le cannibaliser. Ici, Fabrice
Gobert s’amuse avec le spectateur, joue la carte du fantastique pour mieux la
détruire quelques minutes plus tard. En effet, ce qui intéresse Gobert se
trouve autre part : raconter une certaine adolescence française, celle des
années 90s, entre nostalgie et doutes ; entre sexe, amour et sida. Dans Simon Werner a Disparu, des ados
disparaissent, un par un, les rumeurs commencent à voir le jour et les jeunes s’inventent
des histoires pour tuer la morosité de leur environnement. Le(s) mystère(s)
plane(nt), mais la résolution vient, petit à petit, par l’intermédiaire d’une
narration éclatée ; une narration qui est à la fois la force mais aussi la
faiblesse de ce premier film, tout comme son final. Avec son premier film, Gobert
dynamite le teen movie français, se range du côté des Beaux Gosses de Riad Sattouf, et rappelle, par moments, une
certaine Sofia Coppola. Ainsi, Simon
Werner a Disparu… est donc une nouvelle preuve que le cinéma français peut
réussir à évoquer sa jeunesse avec justesse et beauté, tout en évitant les
poncifs d’un certain Christophe Honoré.

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