Jamais je n’ai eu cette sensation avec un film. Après l’avoir
vu une première fois, j’expliquais comment The
Tree of Life allait, au fil du temps, allait « grandir » en moi. Il est
vrai, la dernière œuvre de Malick me hante un peu plus chaque jour. Après deux
visions du film, mais aussi après plusieurs discussions, lectures, qui se sont
relevées à la fois différentes, passionnantes, agaçantes (horribles ?) ou contradictoires,
je ne suis sûr que d’une seule chose : trouver des solutions face à sa
parfaite beauté n’amène à rien. Non pas que le long-métrage de Malick ne
raconte (ne mène) à rien, bien au contraire, mais plutôt parce ce dernier
semble plus « ouvert » que l’on croit. Ainsi, tenter de trouver
une solution au(x) problème(s), jouer au plus malin en prouvant ce que l’artiste
américain a voulu nous dire : est-ce vraiment intéressant pour un film
comme The Tree of Life ? N’est-ce
pas faire offense, violence à cette œuvre, aux images et à la technique
employées par Malick tout au long du film ?
Finalement,
le but peut se trouver ailleurs. Ce dernier n’est donc pas de « comprendre »
The Tree of Life coûte que coûte. Ainsi, il est peut-être plus intéressant
(et préférable ?) de s’ouvrir entier à cette œuvre, d’y rentrer corps et
âmes, quitte à y perdre pied. Le dernier Malick peut donc s’expliquer tout seul
et aura donc toujours raison face à ses spectateurs, face à moi. Ni plus, ni
moins. Alors, la question se pose de plus en plus : et si The Tree of Life était le film le plus
important de cette décennie tout juste entamée ? Le film pourrait-il être
considéré comme une des œuvres les plus importantes de ce début de siècle ?
Après avoir vu le film la seconde fois, j’aurais aimé répondre par l’affirmative,
mais il est encore trop tôt. Le temps et d’autres visions me donneront sûrement
la réponse. Une chose est sûre : la sensation qui m'envahit lors de la
seconde séance était similaire à celle ressentie lors de la lecture du gigantesque
Extremely Loud and Incredibly Close. Et ça,
ce n’est pas rien.
C’est étrange, j’écris,
j’écris sur le film, mais finalement, rien ne pourra le remplacer, rien ne pourra l'égaler. Je pourrais pendant des heures décrire les magnifiques dernières minutes de la mère à l'écran, mais rien ne pourrait remplacer la perfection des images. De la vraie poésie.

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