lundi 6 juin 2011

Again and again and again.



           Jamais je n’ai eu cette sensation avec un film. Après l’avoir vu une première fois, j’expliquais comment The Tree of Life allait, au fil du temps, allait « grandir » en moi. Il est vrai, la dernière œuvre de Malick me hante un peu plus chaque jour. Après deux visions du film, mais aussi après plusieurs discussions, lectures, qui se sont relevées à la fois différentes, passionnantes, agaçantes (horribles ?) ou contradictoires, je ne suis sûr que d’une seule chose : trouver des solutions face à sa parfaite beauté n’amène à rien. Non pas que le long-métrage de Malick ne raconte (ne mène) à rien, bien au contraire, mais plutôt parce ce dernier semble plus « ouvert » que l’on croit. Ainsi, tenter de trouver une solution au(x) problème(s), jouer au plus malin en prouvant ce que l’artiste américain a voulu nous dire : est-ce vraiment intéressant pour un film comme The Tree of Life ? N’est-ce pas faire offense, violence à cette œuvre, aux images et à la technique employées par Malick tout au long du film ? 


Finalement, le but peut se trouver ailleurs. Ce dernier n’est donc pas de « comprendre » The Tree of Life  coûte que coûte. Ainsi, il est peut-être plus intéressant (et préférable ?) de s’ouvrir entier à cette œuvre, d’y rentrer corps et âmes, quitte à y perdre pied. Le dernier Malick peut donc s’expliquer tout seul et aura donc toujours raison face à ses spectateurs, face à moi. Ni plus, ni moins. Alors, la question se pose de plus en plus : et si The Tree of Life était le film le plus important de cette décennie tout juste entamée ? Le film pourrait-il être considéré comme une des œuvres les plus importantes de ce début de siècle ? Après avoir vu le film la seconde fois, j’aurais aimé répondre par l’affirmative, mais il est encore trop tôt. Le temps et d’autres visions me donneront sûrement la réponse. Une chose est sûre : la sensation qui m'envahit lors de la seconde séance était similaire à celle ressentie lors de la lecture du gigantesque Extremely Loud and Incredibly Close. Et ça, ce n’est pas rien.

C’est étrange, j’écris, j’écris sur le film, mais finalement, rien ne pourra le remplacer, rien ne pourra l'égaler. Je pourrais pendant des heures décrire les magnifiques dernières minutes de la mère à l'écran, mais rien ne pourrait remplacer la perfection des images. De la vraie poésie.

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