C’est
donc un fait, après avoir vu The Tree of
Life, il va maintenant falloir que je vieillisse avec cette œuvre. Le film
de Terrence Malick va alors grandir en moi d’années en années à chaque nouvelle
pensée, à chaque nouvelle idée, à chaque nouvelle vision. Il va donc grandir
comme un arbre de la vie. Rares sont les films qui peuvent hanter, plusieurs
heures, plusieurs jours après que vous l’ayez vu en salles. The Tree of Life fait partie de cette
petite catégorie. Un long-métrage d’une beauté folle, beauté rappelant les
dernières minutes de The New World,
les plus belles qui m’aient été donné de voir au cinéma. C’est dire comment le
dernier effort de Terrence Malick m’a bouleversé et touché au plus profond de
mon être. Il est encore difficile d’en parler, de choisir les bons mots, de
tenter d’écrire quelque chose de correct, d’aussi intéressant et précieux que la
prière à laquelle nous invite Malick.
The Tree of Life
pourrait être considéré comme une nouvelle forme de poésie. Une poésie dont
chaque seconde serait hantée par l’écriture et la pensée d’Emily Dickinson. Le
nouveau Malick parle de l’univers, de sa naissance et de sa destruction, tout
en le mettant en parallèle avec des souvenirs proustiens d’un homme en perte de
repères. Chez Malick, la jeunesse semble être le moment le plus crucial de la
vie d’un homme. Il la magnifie donc. Ici, nous découvrons le monde et la
beauté que peut nous offrir la nature ; mais nous découvrons aussi la Vie.
Apprendre à faire face aux différences, à ses peurs, à la Mort, à l’éphémère.
Un apprentissage guidé tout au long du film par la mère (Jessica Chastain),
véritable incarnation de la Grâce, de l’affection, de l’amour et de la
bienveillance. Raconter l’expérience de la vie en l’espace d’un seul été, avant
que la bougie ne s’éteigne à jamais, avant que la fin du monde, la fin de toute
chose n’arrive, avant que le passé, le présent et le futur ne se télescopent,
ne fassent plus qu’un. Voilà à quoi nous convie ce poète du 7ème
Art.
The Tree of Life
est alors une œuvre d’art complexe,
subtile et fascinante, convoquant à la fois la peinture, la musique classique
et la littérature. Ainsi, d'années en années, le spectateur comprend petit à petit l'importance de l’œuvre du réalisateur américain. A chaque nouveau film, Malick propose à son spectateur une nouvelle façon, une nouvelle idée de voir et de
penser le cinéma. Au fil du temps, les films de Malick se font échos,
conversent entre eux, forment un tout d’une beauté, d’une grandeur et d’une
humilité incomparable. Le cinéma de Malick est donc un cinéma rare, cosmique et
alimenté d’un espoir sans failles.

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