mardi 10 mai 2011

Branagh n'a pas si Thor.


Cherche pas, t'as Thor.

Ce n’est un secret pour personne : depuis le début de l’aventure, les productions Marvel oscillant entre humour gras et enjeux inintéressants m’ennuient ferme. Dès le départ chez Marvel, le principal enjeu (et véritable problème) fut le suivant : faire plaisir aux geeks de la planète en respectant les œuvres d’origine, et ne pas se préoccuper du passage à l’écran. De plus, en regardant ces productions Marvel, un autre problème saute aux yeux : finalement, ces films ne seraient simplement que de grandes répétitions avant le produit final devant arrivé en 2012, The Avengers. Ce dernier, réalisé par Joss Whedon, doit ainsi réunir tout les héros aperçus sur grand écran par le passé. De ce fait, les scénaristes tentent donc tant bien que mal de lier les œuvres, donnant un lointain sentiment de cohésion, un sentiment qui la plupart du temps flirte avec le chaos scénaristique. Comme l’explique Favreau, « quand j’ai décidé de faire brièvement apparaitre Nick Fury, ça c’est transformé en un contrat de neuf films pour Samuel L. Jackson. Ainsi, ces petites décisions impulsives […] ont des répercussions qui affectent l’ensemble des franchises ». Flatter le geek au détriment des qualités cinématographiques, voilà le leitmotiv de Marvel depuis maintenant quatre, cinq années. Nous sommes donc loin des Batman de Burton ou du Hellboy de Guillermo del Toro. Thor, un autre grand nom des Avengers, vient de faire il y a peu son apparition sur grand écran.


 Réalisé par Kenneth Branagh, Thor semblait voué à l’échec. Contre toute attente, le nouveau bébé Marvel ne déçoit pas comme avaient pu le faire ses prédécesseurs. Le Branagh pourrait même deveni le film phare de la production, rien que ça. Marvel en avait bien besoin avant l’arrivée de son Captain America l’été prochain. Hausser le niveau n’était donc pas tant surhumain. En découvrant Thor, on comprend mieux ce qui intéressa Branagh : parcours initiatique du héros, rapports conflictuels entre père et fils, jalousies entre frères et traitres au sein de la famille royale. De loin, certains pourraient penser à des thèmes chers à Shakespeare, l’idole de Branagh. Mais qu’on se le dise, les thèmes ont beau rappeler le maitre anglais, le dernier long-métrage du Britannique n’est pas exempt de défauts, loin de là. La partie terrienne du film sans véritables enjeux (et sans grands personnages secondaires. Qui a dit Portman ?) déçoit et l’attaque du Destructeur en est le parfait symbole. Branagh se montre alors beaucoup plus à l’aise pour manier les enjeux cosmiques du royaume d’Asgard et alors certains moments réussissent à tutoyer la perfection. C’est peut-être peu, mais assez pour s’enthousiasmer, surtout lorsque l’on repense à Tony Stark urinant dans son armure en 2010. En effet, Kenneth Branagh, celui que l’on avait désigné comme le digne héritier d’Orson Welles (sic) vingt ans auparavant vient de réussir une chose : rendre digeste et intéressant un film produit par la Marvel. C’était loin d’être gagné. Maintenant, il ne reste plus qu’à attendre fébrilement l’arrivée imminente de mon héro Marvel préféré sur grand écran. Captain America sera un échec ou ne sera pas.

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