![]() |
| The Third Man |
Il
y a peu, je découvrais enfin The Lady
From Shanghai, film datant de 1947, dirigé par le grand Orson Welles. Comme
beaucoup de passionnés de cinéma, j’ai pour ce dernier une admiration sans
failles, admiration teintée de fascination. Fascination pour son travail, mais
aussi pour le couple qu’il formait avec la magnifique Rita Hayworth. Un couple
rempli de ce glamour et de cette beauté tellement hollywoodiens et incarnée en
Rita. Ces deux aspects qui viennent de vivre leurs dernières heures avec la
disparition de Taylor. Une beauté et un glamour venant s’ajouter à cette force
et cette grandeur (que ce soit par la carrure mais aussi par l’esprit) qu’incarnait
Welles.
Pendant
la projection de The Lady From Shanghai,
je me suis rappelé de ma première rencontre avec le grand Orson. Une rencontre
datant maintenant de quelques années, et de ma première vision de ce beau film
noir nommé The Third Man. Ici, pas
de Welles metteur scène, mais simplement un Orson acteur, hantant la moitié du
film par son absence, tout comme Gatsby pouvait hanter sa propre histoire par
son absence dans le roman de Fitzgerald, faisant du personnage une inquiétante
étrangeté. Un homme ou une entité que l’on pense connaitre sans jamais l’avoir
aperçu. Cette idée d’uncanny, nous la retrouverons lors de la première
confrontation entre le personnage principal, et Harry, le personnage de Welles.
Ce dernier que l’on croyait mort, semble tout droit sorti des ténèbres, un chat
à ses pieds, se moquant de son interlocuteur. Une apparition et une disparition
dignes d’un fantôme. Une séquence parfaite d’une minute, tout droit sorti du
cinéma expressionniste allemand. Une minute. C’est le temps qu’il a fallu à
Carol Reed pour me rendre Orson Welles fascinant.
![]() |
| The Lady From Shanghai |
Fascinant,
c’est aussi le terme que je pourrais employer pour The Lady From Shanghai, un autre film noir, de trois ans l’ainé du
film de Reed. Un long teinté de faux semblants, décrivant un monde infesté de
requins où le danger et la mort sont cachées dans les moindres recoins, attendant le meilleur moment pour frapper. Un monde emmenant constamment le spectateur vers de fausses pistes
avant la vérité finale. En parlant de final, ce dernier pourrait bien être une
des plus belles séquences que Welles ait pu tournée : les trois
personnages principaux se retrouvent dans un palais des glaces du quartier
chinois de San Francisco avec leurs corps se multipliant à l’infini. Comment
faire la différence entre le vrai et le faux parmi toutes ces images de l’autre,
des autres ? Une fusillade retentit, et avec les bris de glace s’éclatent les
différentes images des personnages. Images semblant composer les personnalités
complexes de ces deux hommes et de cette femme. Avec ce palais des glaces à l’écran,
le spectateur se retrouve face à une magnifique métaphore de ce monde pourri
par les enfers que décrit Welles tout au long du film. Un monde faisant magnifiquement
écho à Touch of Evil, autre œuvre du
maitre. Beau et magistral, pas loin de la perfection.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire