jeudi 14 avril 2011

Red Right Hand.


Girls wanna have fun.


           Sans crier garde et alors que je ne m’y attendais plus vraiment, Craven revient en forme grâce à son quatrième épisode de Scream. Il revient, oui, mais pas tout seul. Kevin Williamson, scénariste des deux premiers volets, qui s’était fait jeter comme un mal propre par les frères Weinstein de mes deux est lui aussi de retour. Une équipe qui gagne, sûrement. Ah, Scream, premier du nom, la nostalgie pointe le bout de son nez. Vibrant hommage au slasher et films d’horreurs, mais aussi véritable déclaration d’amour à Halloween. Dix ans sont passés entre maintenant et la fin de la première trilogie et ce troisième volet plus que bancal, que reste-t-il alors de mes premiers amours ?

            Tout comme dans l’esprit de la saga, Scream 4 se veut à la fois le scanner d’un genre, et d’une génération. Beaucoup d’années se sont alors écoulées, et le quatrième volet fait alors écho au premier, par sa force, son intelligence, mais aussi par cette bonne idée de faire de ce Scream 4 un vrai/faux remake des origines. Alors, le discours se base sur toute une décennie qui aura vu l’apparition de moults remakes de chefs d’œuvres (la séquence où le personnage joué par Hayden Panettiere récite sans réfléchir ces nouvelles œuvres est purement jouissive). Ce nouveau Scream se veut aussi le reflet de cette nouvelle génération ne jurant que par ces remakes, les tortures porns façon Saw et adepte de nouvelles technologies. Ils ne considèrent plus le massacre qui eut lieu à Woodsboro comme une tragédie, mais bien comme une blague. Pour eux, tout semble être permis pour atteindre la célébrité, son quart d’heure de gloire, tout, même l’inimaginable. Il faut être rapide, et agir vite, avant qu’un autre ne vous prenne la place.

Sid, cousine éloignée d'une certaine Laurie S.


Choc des cultures cinématographiques, choc des comportements lorsque ces lycéens se confrontent à la génération de Sidney, Gale et Dewey, les deux derniers semblants être complètement dépassés par ce nouveau monde qui les entoure, par ces nouvelles façons d’aborder la violence et le cinéma d’horreur. Ces trois rescapés de cet ancien « monde », de l’ancienne saga essayent tant bien que mal de faire face au temps, et au passé, un passé auquel ils appartiennent, malheureusement pour eux. Ils deviennent malgré eux des figures du passé pour nous spectateurs, mais aussi pour la cousine de Sidney et de ses amis. Un passé qu’ils essayent d’oublier, mais qui vient les hanter. Ce passé représenté par Ghostface, véritable fantôme lorsque ce dernier est exploité par Craven avec intelligence. 

Et il faut l’avouer que l’intelligence, Craven et Williamson l’ont retrouvé le temps d’un film. Ces derniers s’amusent encore et toujours avec le spectateur, se moquant par exemple de la saga Saw et proposant une relecture étonnante et savoureuse du premier Scream. Ce dernier ne devrait pas du tout avoir honte de son petit frère, bien au contraire, surtout lorsque l’ouverture de ce dernier se permet d’être toute aussi grandiose que celle de son grand frère. Finalement, le plus beau dans tout ça prouve que le slasher, tout comme le western, semble être un genre intemporel, un genre qui réussit à se renouveler, à renaitre de ses cendres, malgré le temps, malgré les spectateurs. Longue vie à l’horreur, longue vie aux slashers. 

Moi aussi je veux jouer dans Stab.

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