Le
cinéma de genre en France est un problème. C'est un fait, ce n'est pas nouveau.
Hier soir, Amer de Catet et Forzani me l'a rappelé. Film se voulant être
un hommage au giallo, au cinéma fantastique italien des année 60 et 70. Un
hommage à Dario Argento. Certes, l'idée d'origine est plus que louable, mais
l'ensemble est vain, et cela fait peur. Une histoire parfois inexistante, une tentative parfois vaine d'expérience des sens et une légère réflexion sur la sexualité d'une femme à
travers différents âges, complètement détruites par des références cannibales,
desservant complètement le propos, comme c'était déjà le cas dans le mauvais Black
Swan d'Aronofsky. Qu'il y ait des références, oui, cela n'est pas un
problèmes. Les Coen et Tarantino ont prouvé que ces dernières pouvaient être un
plus, le point fort dans une œuvre. Tex Avery ou le film noir chez les
premiers. Leone, A Better Tomorrow pour le second (la liste serait
trop longue pour le QT).
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| Suspiria II |
Ces
références sont alors digérés, les artistes Américains prennent du recul face
aux films qu'ils citent et rentrent parfois dans une idée postmoderniste du
cinéma. Un mélange de genre, de style, de références. En découle alors un
cinéma sur le cinéma (parfois chez les Coen, toujours chez QT), un cours
d'Histoire du Cinéma. Et même parfois un cours d'Histoire de culture populaire
Américaine, ou même d'Histoire tout cours. Ces hommes puisent donc dans la
culture que leur a apporté leur pays, et ceci avec brio. Chose qui semble
alors impossible en ce moment même chez leurs confrères Français. Beaucoup s'y
essayent, et peu avec brio. Nous pourrions citer Florent Emilio Siri avec L'
Ennemi Intime, magnifique film sur la guerre d'Algérie ou Alexandre Aja
avec son Haute Tension ou son remake de The Hills Have Eyes. Un
Aja qui se dégradera avec son Mirrors (ne valant le coup que pour ses
premières minutes) et qui se laissera tenter par le côté fun gore et boobs à
gogo de son Piranha 3D. Nous pourrions aussi rajouter Eric Valette ou
Pascal Laugier. La culture Française, son Histoire, ses romans, ce
qu'elle aurait tant à apporter au cinéma semble faire peur aux cinéastes de
l'hexagone. Alors oui, Amer est Belge, mais nous sommes alors loin d'artistes tel que Melville avec Le
Cercle Rouge ou L'Armée des Ombres. Il n'empêche, le cinéma de genre
Français semble malade, à se demander si ce dernier a réellement commencé à
exister et si une place lui est réservée dans l'hexagone. La réponse semble,
pour l'instant, négative.
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| L'exemple à suivre |
Il
n'empêche que l'auteur de ces lignes va avoir du mal à se remettre des femmes
fontaines, tout ça à cause d'Amer.


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