mardi 15 mars 2011

L'ennemi de l'hexagone.

Le cinéma de genre en France est un problème. C'est un fait, ce n'est pas nouveau. Hier soir, Amer de Catet et Forzani me l'a rappelé. Film se voulant être un hommage au giallo, au cinéma fantastique italien des année 60 et 70. Un hommage à Dario Argento. Certes, l'idée d'origine est plus que louable, mais l'ensemble est vain, et cela fait peur. Une histoire parfois inexistante, une tentative parfois vaine d'expérience des sens et une légère réflexion sur la sexualité d'une femme à travers différents âges, complètement détruites par des références cannibales, desservant complètement le propos, comme c'était déjà le cas dans le mauvais Black Swan d'Aronofsky. Qu'il y ait des références, oui, cela n'est pas un problèmes. Les Coen et Tarantino ont prouvé que ces dernières pouvaient être un plus, le point fort dans une œuvre. Tex Avery ou le film noir chez les premiers. Leone, A Better Tomorrow  pour le second (la liste serait trop longue pour le QT). 


Suspiria II


Ces références sont alors digérés, les artistes Américains prennent du recul face aux films qu'ils citent et rentrent parfois dans une idée postmoderniste du cinéma. Un mélange de genre, de style, de références. En découle alors un cinéma sur le cinéma (parfois chez les Coen, toujours chez QT), un cours d'Histoire du Cinéma. Et même parfois un cours d'Histoire de culture populaire Américaine, ou même d'Histoire tout cours. Ces hommes puisent donc dans la culture que leur a apporté leur pays, et ceci avec brio.  Chose qui semble alors impossible en ce moment même chez leurs confrères Français. Beaucoup s'y essayent, et peu avec brio. Nous pourrions citer Florent Emilio Siri avec L' Ennemi Intime, magnifique film sur la guerre d'Algérie ou Alexandre Aja avec son Haute Tension ou son remake de The Hills Have Eyes. Un Aja qui se dégradera avec son Mirrors (ne valant le coup que pour ses premières minutes) et qui se laissera tenter par le côté fun gore et boobs à gogo de son Piranha 3D. Nous pourrions aussi rajouter Eric Valette ou Pascal Laugier.  La culture Française, son Histoire, ses romans, ce qu'elle aurait tant à apporter au cinéma semble faire peur aux cinéastes de l'hexagone. Alors oui, Amer est Belge, mais nous sommes alors loin  d'artistes tel que Melville avec Le Cercle Rouge ou L'Armée des Ombres. Il n'empêche, le cinéma de genre Français semble malade, à se demander si ce dernier a réellement commencé à exister et si une place lui est réservée dans l'hexagone. La réponse semble, pour l'instant, négative.

L'exemple à suivre


Il n'empêche que l'auteur de ces lignes va avoir du mal à se remettre des femmes fontaines, tout ça à cause d'Amer.

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