Ah!
The Sopranos. Série produite par HBO,
cette œuvre raconte le quotidien de malfrats américains d’origine italienne,
venant du New Jersey. Ici, point de
romanesque, ni d’idées romantiques de la mafia. En effet, les protagonistes
sont aux antipodes de la famille Corleone, héros de la saga The Godfather, réalisée par Francis Ford
Coppola. Le spectateur pourrait prendre comme exemple l’opening credits de
l’œuvre. En effet, pendant un peu plus d’une minute, il aperçoit Tony Soprano
dans sa voiture, rentrant chez lui, dans le New Jersey (un des états dont on se
moque le plus aux Etats-Unis). Lors de ce trajet, nous n’apercevrons pas de
signes de l’American dream, mais seulement une autoroute, des usines, un
cimetière et une misère palpable à l’écran. Finalement, au-delà d’une histoire
basique de mafia, l’idée centrale de The
Sopranos réside dans volonté de montrer cette banalité de la vie, où rien
d’exceptionnel n’a l’air de se passer, même pour des hommes comme Tony Soprano
et ses acolytes. Mais tout d’un coup, une violence que l’on attendait plus, surgit
de nulle part, pour s’estomper dans la minute qui suit. A vrai dire, ces
dernières phrases pourraient résumer les personnages principaux que sont Chris,
Silvio, Paulie ou Ralph, et rappelant le personnage de Joe Pesci dans The Goodfellas, de Martin Scorsese. Les
personnages principaux de cette œuvre sont, il faut bien le dire, bêtes et
méchants, et les prétextes pour en arriver aux mains sont pour la plupart du
temps futile: une télécommande à laquelle il ne faut pas toucher ou une
conversation ayant comme sujet principal l’usage des glaçons.
Le spectateur doit être actif, attentif. Rien n’est
donné, tout doit être décodé, comme cette idée principale que ces protagonistes
sont raccrochés à un certain passé, à certains idéaux qui, pour nous ou pour
d’autres personnages de la série, ne sont plus, désuets. Au fil de l’œuvre, le
spectateur a cette sensation que leur pays d’origine, l’Italie, est restée
figée dans un passé particulier. Lors de la seconde saison, Tony, Paulie et
d’autres iront dans ce pays pour leur business, mais ce dernier aura une
expérience un peu amer de son séjour, ne retrouvant pas certains idéaux. Ces
idéaux, ce sont pour la plupart du temps dans certains médias qu’ils les
trouvent, et plus particulièrement au cinéma. Auparavant, nous faisions
référence à Scorsese mais aussi à The
Godfather de Coppola. Ce cinéma semble être un point important dans la
culture des personnages de la série, qui, à maintes reprises font références à
des passages clés du parrain, et surtout Silvio. Ici, Pacino ne devient alors pas
qu’une simple figure emblématique du cinéma. En effet, Corleone et sa famille
semblent être des modèles de vie, des références, un passé cinématographique
fantasmé auquel nous aimerions ressembler.
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| Who will survive in America? |
Ah, le passé, toujours le passé. Il semblerait que ce
dernier ne laisse jamais Tony et ses acolytes. Tout comme certains personnages
de Cormac McCarthy, les personnages de la série rêvent d’un monde passé, d’un
monde, qu’ils n’ont pour la plupart pas connu et qui semblent les hanter. Un
passé, qui selon Faulkner n’est même pas passé. Un monde qu’ils semblent (re)créer,
fantasmer avec des légendes, des mythes. Un univers dangereux pouvant couter la
vie aux plus jeunes d’entre eux. Nous pourrions faire référence à Jackie Jr. et
le mettre en parallèle à John Grady et Lacey Rewlins, personnages principaux d’All The Pretty Horses du maitre McCarthy. En effet, ces derniers n’ont
qu’une seule idée en tête après la vente du ranch du grand-père de Grady, qui vient
de mourir: partir au Mexique, et être engagé comme cowboys, peu importe les dangers
qu’ils peuvent rencontrer. Comme eux, Jackie Jr. est obsédé par un idéal, par
ce passé de gangster, et tant pis si ce dernier lui coute la vie. La vie, si
proche de la mort dans cet univers. Finalement, tout ça, c’est « banal »,
pourait penser le lecteur de cet article; et c’est en quoi The Sopranos est si brillant.
Il réussit avec brio à intéresser et à fasciner les spectateurs sur ce sujet qu’est
la banalité de l’existence. Le théâtre de la vie.

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